Après dix années de chute continue, 2013 a été une année d'"accalmie" pour le marché du disque en France, grâce aux succès d'artistes comme Stromae, Daft Punk et Maître Gims, a annoncé mercredi le Snep, principal syndicat de producteurs de disque.

Après dix années de chute continue, 2013 a été une année d'"accalmie" pour le marché du disque en France, grâce aux succès d'artistes comme Stromae, Daft Punk et Maître Gims, a annoncé mercredi le Snep, principal syndicat de producteurs de disque.

afp.com/Damien Meyer

Le marché du disque (ventes de CD et DVD, ventes en téléchargement et revenus issus du streaming), a totalisé 493 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier, selon le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) qui publiera lundi un bilan chiffré détaillé, dans le cadre du Marché international du disque et de l'édition musicale (Midem) à Cannes.

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2013 est "une année qui nous a fait du bien, au cours de laquelle l'industrie du disque a pu reprendre son souffle" après dix ans de "mutation dans la douleur où elle a perdu 60% de sa valeur", s'est d'ores et déjà félicité le président du Snep, Stéphane Le Tavernier, lors d'un déjeuner de presse.

"Pour autant, nous ne tirons pas de conclusion ou de tendance, car 2013 a été une année atypique, marquée par un nombre important d'albums qui ont trouvé leur audience et où les sorties ont été bien réparties tout au long de l'année", a-t-il ajouté.

Meilleure vente de l'année, "Racine Carrée" de Stromae s'est écoulé à 1,1 million d'exemplaires en quatre mois de fin août à fin décembre, un niveau de vente "hors norme" qui n'avait plus été atteint depuis la sortie de la bande originale des "Choristes" il y a dix ans.

"Random Access Memories" de Daft Punk et "Subliminal" de Maître Gims, respectivement deuxième et troisième meilleures ventes de l'année, se sont tous deux écoulés à plus de 500.000 exemplaires en 2013.

Au total, 17 des 20 meilleures ventes de l'année ont été réalisées par des albums chantés en français.

L'année 2013 a également été marquée par une "mutation dans la mutation" avec l'amorce d'une restructuration du marché numérique.

Celui-ci est resté stable dans son ensemble et représente 26% du chiffre d'affaires global du secteur.

Mais pour la première fois depuis son apparition il y a dix ans, le téléchargement a connu un "léger fléchissement" en valeur. Le streaming poursuit sa progression, mais de façon encore insuffisante pour assurer la croissance du marché.

"2014 va être une année de transition avec pour enjeu le développement du modèle du streaming auprès d'un public plus large", a estimé M. Le Tavernier.

Il a salué la prochaine arrivée de nouveaux acteurs internationaux, mais aussi français. "Il est question que la Fnac mais aussi TF1 lance un modèle de streaming", a-t-il assuré.

A trois jours du Midem, où Aurélie Filippetti doit s'adresser à la filière musicale, les producteurs de disque ont également fait part de leur sentiment d'être "un peu oubliés" par le ministère de la Culture.

"Il y a quelques années encore, on parlait réponse graduée, crédit d'impôt -- qui a été prolongé il est vrai --, centre national de la musique", a noté le directeur général du Snep Guillaume Leblanc.

"Là, on a l'impression que les quelques fondamentaux qui nous restent sont menacés, comme sur les questions du piratage ou des quotas de chansons francophones à la radio", a-t-il regretté.

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