Archéologie: La Suisse restitue à la Libye une tête en marbre de 2000 ans

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ArchéologieLa Suisse restitue à la Libye une tête en marbre de 2000 ans

La sculpture, découverte en 2013, dans un entrepôt douanier à Genève, pouvait avoir été trouvée lors de fouilles illicites. L’Office fédéral de la culture parle d’un vestige archéologique de grande valeur.

La sculpture avait été découverte en 2013, dans le cadre d’un contrôle dans un entrepôt douanier à Genève.

La sculpture avait été découverte en 2013, dans le cadre d’un contrôle dans un entrepôt douanier à Genève.

Office fédéral de la culture

La Suisse a indiqué, mardi, avoir restitué à la Libye une tête de jeune femme en marbre de l’époque hellénistique, d’environ 2000 ans, découverte il y a dix ans dans un entrepôt à Genève. Il s’agit d’un «vestige archéologique de grande valeur» et un «témoignage exceptionnel de l’expansion hellénistique en Afrique du Nord», selon l’Office fédéral de la culture (OFC).

La sculpture, de 19 centimètres de haut, qui date de la période comprise entre le Ier siècle avant J.-C. et le Ier siècle après J.-C., provient très probablement du site archéologique de la ville antique de Cyrène, dans la région de Cyrénaïque, dans l’actuelle Libye.

Découverte dans un entrepôt douanier

La sculpture avait été découverte en 2013, dans le cadre d’un contrôle dans un entrepôt douanier à Genève, et a été remise mardi, à Berne, par la directrice de l’OFC, Carine Bachmann, à l’ambassade de Libye en Suisse.

Trois ans après sa découverte, le Parquet genevois avait décidé d’engager une procédure, estimant que la sculpture pouvait avoir été trouvée lors de «fouilles illicites». La procédure pénale n’a toutefois pas permis de déterminer l’endroit précis où la sculpture a été découverte, ni de quelle façon elle est arrivée en Suisse.

Libye «fortement menacée par le pillage»

La tête en marbre est entièrement recouverte d’une patine rougeâtre qui renseigne sur son origine, indique l’OFC, selon qui la région de la Cyrénaïque est l’une des rares régions du bassin méditerranéen où l’on trouve de la «terra rossa et du marbre d’une telle qualité».

«La Libye et, en particulier, ses sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco comme Cyrène sont fortement menacés par le pillage et la destruction», explique l’OFC, qui rappelle qu’en 2015, le Conseil international des musées a publié une liste rouge des antiquités libyennes en péril, afin de lutter contre la destruction et le commerce illégal de biens culturels.

Tant la Suisse que la Libye, un pays plongé dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi, en 2011, et gouverné par deux exécutifs rivaux, sont parties à la Convention de l’Unesco de 1970 sur l’interdiction de l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

(AFP)

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