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TRIBUNE

Le pétainisme et l’air du temps

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En dédiabolisant l’Occupation, Zemmour cherche à refermer une blessure narcissique de la droite française.
Affiche de Pétain détériorée par les patriotes, en 1941. (BDIC, Nanterre, 1941.)
par Marc Weitzmann, Ecrivain
publié le 10 octobre 2014 à 19h26
(mis à jour le 12 octobre 2014 à 16h02)

Au rythme ou se vend le livre d'Eric Zemmour - et au taux d'audience des émissions d'actualité assurant, bien sûr pour mieux dénoncer le scandale, la promotion du confrère -, des dizaines de milliers de gens dans ce pays apprennent désormais ce qui n'était jusque-là que la rance et banale rengaine des nostalgiques de Pétain. Mais, avant toute autre chose, avant d'attaquer comme il se doit Zemmour - pour mieux l'attaquer, disons -, il faut le défendre. Car son succès n'est pas seulement le produit des médias, il est aussi celui de la colère. Quand Zemmour s'en prend aux militants d'extrême gauche qui manifestaient voici quelques années en «costumes de déportés» pour défendre les sans-papiers ; quand, répondant aux attaques d'un Georges-Marc Benamou, il rappelle les turpitudes de ce journaliste et avec lui de toute une gauche culturelle - l'inféodation courtisane au pouvoir socialiste, l'exploitation sociale, une judéité dévoyée en démagogie moralisante -, il pointe le mélange de corruption intellectuelle et de confusion mentale de ces trente dernières années sans lequel le niveau de fureur dans ce pays ne serait peut-être pas ce qu'il est, sans lequel, en d'autres termes, ni le FN (ni Dieudonné dont les avocats font eux aussi un carton en librairie ces jours-ci) ni Zemmour lui-même, sans doute, n'auraient cette popularité. («Je trouve ça facile d'aller faire le malin à Londres, plutôt que d'affronter les difficultés réelles du pays», disait déjà Houellebecq

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