
Les policiers ont bien aimé la vue, paraît-il. Une bâtisse imposante, dotée d’une vaste piscine aux eaux turquoise, surplombant la Méditerranée. C’est ici, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, qu’une équipe de l’Elysée a négocié de manière fort discrète avec le pouvoir kazakh, au printemps 2009, au lieu-dit Le Petit Rocher, une villa de rêve où ont naguère séjourné David Niven et Charlie Chaplin. Ici aussi que les enquêteurs ont donc débarqué, mercredi 20 mai, pour fouiller les moindres recoins, et saisir au passage une Rolls-Royce Phantom.
Le propriétaire des lieux, Patokh Chodiev, n’était pas là. Prudemment réfugié à Moscou. Le milliardaire de 62 ans a la double nationalité, belge et kazakhe. Intime de Vladimir Poutine et du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, il est désormais la cible de la justice française. Comme le préfet honoraire Jean-François Etienne des Rosaies, le sénateur UDI Aymeri de Montesquiou (duc et descendant du mousquetaire d’Artagnan) et l’ancien ministre et président du Sénat belge Armand De Decker.
Un sacré casting empêtré dans une affaire d’Etat. Un « Kazakhgate » qui implique dangereusement l’Elysée, époque sarkozyste. L’accusation ? Les protagonistes sont tous suspectés, moyennant commissions occultes, d’avoir fait pression sur la Belgique, en 2011, à la demande du président Nazarbaïev, pour permettre à Chodiev et à deux de ses amis d’échapper à la justice d’outre-Quiévrain. L’intérêt de la France ? Vendre ses produits, militaires surtout, au très riche Kazakhstan. L’Elysée aurait joué les intermédiaires entre Kazakhs et Belges. Nom de code de l’opération entre ces drôles d’initiés ? « Charly Parker » (pour Chodiev Patokh).
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