
Le débat autour des menus alternatifs au porc dans les cantines scolaires tourne à la guerre de pétitions à droite : le député UDI Yves Jégo veut rendre obligatoire les menus végétariens, tandis que le maire Les Républicains de Chalon-sur-Saône souhaite interdire toute alternative.
Après que le tribunal administratif de Dijon a permis jeudi 13 août au maire de Chalon Gilles Platret de supprimer les menus alternatifs au porc dans les cantines de sa ville, le député UDI de Seine-et-Marne Yves Jégo a lancé une pétition pour rendre obligatoire un menu végétarien dans les cantines scolaires. Déposé sur le site Change.org, plateforme mondiale de pétitions, le texte avait recueilli mardi soir, en trois jours, près de 59 000 signatures.
Pour le député de Seine-et-Marne, un menu végétarien de substitution représente « une porte de sortie où chacun peut s’y retrouver dignement, sans être stigmatisé ».
« Je ne souhaite pas faire de polémique. Ceux qui veulent polémiquer sur l’assiette de nos enfants ont tort. J’en appelle au consensus républicain, pour une laïcité positive et pas punitive. »
Son texte est notamment soutenu par l’ex-ministre EELV Cécile Duflot et la sénatrice UDI Chantal Jouanno.
Contre « l’immixtion du fait religieux »
Mardi, le maire de Chalon-sur-Saône a lancé son propre texte, également sur Change.org, contre les repas de substitution. Selon son texte, « la cantine scolaire, comme l’école de la République, n’a pas à devenir le lieu de l’immixtion du fait religieux. Elle doit considérer les enfants en tant que tels, sans référence systématique à leur communauté d’origine ».
L’élu Les Républicains avait annoncé, le 16 mars, qu’il mettrait fin au menu de substitution pratiqué dans les cantines scolaires de sa ville depuis plus de trente ans, dès la prochaine rentrée. Initiative aussitôt soutenue par l’ancien président Nicolas Sarkozy, alors que plusieurs ténors de droite comme Bruno Le Maire, Christian Estrosi, mais aussi le chef de file des députés LR, Christian Jacob, avaient pris leurs distances avec cette idée et que la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait dénoncé une décision qui prend « en otage les enfants ».
Mardi, quelques heures à peine après son lancement, la pétition du maire de Chalon avait recueilli presque 1 500 signatures. Dans son entourage, on assure que M. Platret entendait lancer une pétition « de toute façon », avant de connaître l’initiative de M. Jego.
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