
La tension monte dans la nouvelle grande région Nord Pas-de-Calais Picardie. Voilà des mois que les actuels présidents socialistes Daniel Percheron (pour le Nord Pas-de-Calais) et Claude Gewerc (Picardie) sentent leurs territoires échapper à la gauche. Les récents sondages ont annoncé que la grande gagnante des Régionales serait Marine Le Pen avec près de 39 % des suffrages en cas de triangulaire (32 % pour le candidat Les Républicains (LR) Xavier Bertrand et 29 % pour le socialiste Pierre de Saintignon).
Avec près de 6 millions d’habitants, le territoire est plombé par un taux de chômage de 12,5 %, soit deux points supérieurs au national. Une aubaine pour le Front national qui accroît son assise depuis la présidentielle de 2012 dans les villes du Nord touchées de plein fouet par la crise. L’emploi sera donc au cœur de cette campagne. L’ancien ministre Xavier Bertrand, a d’ailleurs choisi comme slogan « Notre région au travail ». De son côté, l’aubryiste Pierre de Saintignon mise sur son expérience de premier vice-président de la Région NPDC en charge des affaires économiques pour proposer des solutions aux 200 000 entreprises et aux industries telles que la métallurgie, la sidérurgie, l’automobile et l’agroalimentaire.
Une région susceptible de devenir symbole de la conquête du FN
Mais l’heure n’est pas encore aux débats d’idées et aux programmes. L’élection régionale est polluée par l’hyper médiatisation suscitée par l’éventuelle victoire de l’extrême droite. Marine Le Pen va-t-elle remporter la présidence de la deuxième région de France par sa jeunesse, troisième région de France par sa population (derrière l’Ile-de-France et Auvergne-Rhône Alpes) et première région agricole (pour la production de céréales, pommes de terre et betteraves) ? Après Hénin-Beaumont, la terre des Chtis deviendrait le symbole de la conquête du FN. A droite, on s’inquiète du séisme économique et de la désertion des investisseurs en cas de victoire de la fille de Jean-Marie Le Pen.
Quel que soit le résultat le soir du 13 décembre, ces régionales auront aussi un impact sur les primaires de tous les camps et sur la présidentielle. Xavier Bertrand maintient sa candidature aux primaires à droite en vue de 2017. A gauche, on dénonce le marchepied vers la présidentielle que constituerait son élection ou celle de Marine Le Pen à la tête de la région. Mais l’argument ne prend pas. Le mécontentement des Nordistes vis-à-vis de la politique gouvernementale est tel qu’il plombe le PS. EELV (allié au Parti de Gauche) et le PS n’ont d’ailleurs pas su se mettre d’accord pour une union de la gauche dès le premier tour. Et ce malgré des années passées à travailler main dans la main.
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