Le héros d'Intouchables soutient les manifs contre l'euthanasie

Les opposants à l'euthanasie se mobilisent. Le collectif «Soulager mais pas tuer» appelle ses sympathisants à manifester samedi devant les 13 préfectures des nouvelles grandes régions*. Un calendrier qui ne doit rien au hasard. Ces rassemblements sont organisés 48 heures avant l'examen en deuxième lecture, lundi, par les députés à l'Assemblée nationale de la proposition de loi d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR) sur la fin de vie.
Le mouvement est soutenu par un parrain célèbre : Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique incarné à l'écran par François Cluzet dans le film Intouchables, avec Omar Sy. «Je soutiens
Soulager mais pas tuer
, le mouvement qui plaide pour que les personnes malades, dépendantes ou âgées en fin de vie ne subissent en France ni euthanasie, ni suicide assisté, mais soient accompagnées et respectées, avec
considération
, écrit Philippe Pozzo di Borgo, sur le site internet du collectif. Cette attention bienveillante aux plus fragiles en fin de vie est source de richesses et de réconciliation. Ne touchez donc pas aux intouchables. Soulagez-nous, mais ne nous tuez pas. Quelle violence faite aux humiliés, à la vie aux extrémités !»
Développement des soins palliatifs
Se présentant comme «un mouvement unitaire qui rassemble des professionnels et des usagers de la santé», Soulager mais pas tuer réclame «la mise en place d'un plan de développement des soins palliatifs». «Il existe, en matière d'accès aux soins palliatifs, une discrimination injuste entre les usagers de la santé selon les régions. S'il veut vraiment lutter contre le mal mourir, c'est dans ce domaine que le gouvernement doit passer des paroles aux actes», explique Tugdual Derville, l'un des animateurs du collectif, ancien porte-parole de La Manif pour tous (opposé au mariage gay).
La loi Claeys-Leonetti adoptée à une large majorité par les députés en première lecture en mars dernier n'autorise pas à proprement parler l'euthanasie. Elle prévoit le recours dans certains cas à une «sédation profonde et continue» de malades en fin de vie, et rend contraignant pour les médecins les «directives anticipées» que chacun peut écrire pour refuser l'acharnement thérapeutique. «Dormir avant de mourir pour ne pas souffrir», avait résumé en une formule Jean Leonetti. Mercredi dernier, les députés ont rétabli en commission leur version de la proposition de loi, après que le Sénat a rejeté le texte en juin.
Le collectif Soulager mais pas tuer organise des manifestations à Lille, Rouen, Paris, Strasbourg, Orléans, Rennes, Nantes, Dijon, Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Ajaccio.
Fin de vie: la loi PS-UMP à l'épreuve de l'Assemblée (10/03/2015)