
Angela Merkel continue de pâtir de ses prises de position sur la crise des migrants. La CDU (Union chrétienne-démocrate), son parti, a reculé de deux points selon le dernier sondage publié, dimanche 11 octobre, par le quotidien Bild, sur les intentions de vote des Allemands. Si elle reste nettement en tête, jamais ce parti n’avait été aussi bas depuis les dernières élections des députés en septembre 2013.
Les Allemands interrogés sont désormais plus nombreux (48 %) à critiquer la politique généreuse de la chancelière à l’égard des réfugiés, qu’à la soutenir (39 %). Cette situation bénéficie à deux formations politiques réclamant plus de fermeté de la part de Berlin face aux migrants : le parti populiste Alternative pour l’Allemagne (AFD) et le parti libéral FDP. Ils progressent eux chacun d’un point à respectivement 5 et 6 % des intentions, selon le sondage.
Rupture avec la CSU
L’attitude de la chancelière qui se refuse à mener une politique d’accueil plus restrictive, quand l’Allemagne s’attend à accueillir quelque 800 000 migrants en 2015, divise sa propre formation politique. La CSU (Union chrétienne-sociale), membre de la CDU en Bavière, en première ligne pour l’accueil des migrants en provenance d’Autriche, s’en prend frontalement à la chancelière. Son président, Horst Seehofer, a dénoncé durant le week-end une « capitulation de l’Etat » allemand face au refus de Mme Merkel de fermer hermétiquement les 3 000 km de frontières allemandes aux migrants. Il a aussi agité la menace d’une plainte devant la Cour constitutionnelle allemande contre le gouvernement à Berlin – dont son parti est pourtant membre –, coupable à ses yeux d’entraver le bon fonctionnement des Etats régionaux débordés par l’afflux des réfugiés. La Bavière (sud) est la région accueillant le plus grand nombre de réfugiés en provenance de l’Auriche voisine.
Le président du SPD, Sigmar Gabriel, également vice-chancelier, s’en est, lui, vivement pris au parti bavarois ce week-end : « Il n’y pas de pont-levis que nous pouvons lever » en Allemagne pour empêcher l’afflux de migrants, et « la CSU elle-même ne va pas envoyer des soldats marcher baïonnette au canon vers la frontière », a-t-il déclaré dans une interview.
Voir les contributions
Réutiliser ce contenu