L'Ile de Sein passe à l'éclairage public connecté. Ce nouveau réseau, moins énergivore, s'inscrit dans la transition énergétique de l'île. Un sujet sur lequel les positions divergent.
Régler l'intensité du lampadaire au coin de la rue ? C'est désormais possible sur l'Ile de Sein. Cette dernière inaugure, ce soir, son nouveau réseau d'éclairage public LED (Light-emitting diode ou diode électroluminescente en français). Chacun des 88 points lumineux dispose d'un système de télégestion à distance. « Depuis n'importe où, il est possible de régler l'intensité de chaque point », s'enthousiasme Jacques Monfort, le directeur du Sdef (syndicat départemental d'énergie et d'équipement du Finistère).
Le Sdef est délégataire de la commune pour l'éclairage public depuis l'an dernier. Le système en place était, alors, totalement « obsolète », selon le maire Dominique Salvert : « Le réseau avait plus de 30 ans, il était fatigué. Nous n'arrêtions pas d'intervenir pour le réparer ».
Le Sdef a donc eu pour mission de renouveler tout le parc d'éclairage public. « Nous avions plusieurs défis à relever, précise Jacques Monfort. Nous devions répondre à des problèmes de fonctionnement, de sécurité et d'économie d'énergie ». L'électricité est fournie sur l'île grâce à du fioul, qui alimente des groupes électrogènes. Chaque année, 420.000 litres sont engloutis.
« L'éclairage public fait partie d'un programme plus global de transition. La première phase, c'était de réduire les consommations ». La LED, que le syndicat a déjà installée dans plusieurs communes du département, a été perçue comme la meilleure solution.
Cette technologie, les Sénans la connaissent bien. L'an dernier, sept ampoules LED avaient été distribuées dans chaque foyer de l'île. Pour ce nouveau réseau d'éclairage connecté, 160.000 € ont été investis. Un coût supporté par le syndicat et la commune. Les coûts d'entretien sont estimés, eux, à la baisse avec la télégestion, qui devrait permettre d'anticiper les interventions, et la durée de vie allongée - multipliée par quatre selon les calculs du Sdef - des ampoules LED. 16,5 tonnes de fioul seront économisées. « EDF (électricité de France) versera une subvention grâce aux économies générées sur le fioul », annonce Jacques Monfort.
Ces économies, Patrick Saultier, de la société locale Ile de Sein énergie (IDSE), qui porte un projet alternatif pour rendre l'île autonome en énergie, n'y croit pas : « Avant les travaux, la moitié des ampoules ne fonctionnait pas. Mais bon, ce nouveau réseau, ça se voit, c'est symbolique ».
IDSE souhaite mettre en place son propre projet sur l'île, en lieu et place d'EDF, qui dispose d'un monopole sur le territoire. En septembre, Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie, avait apporté son soutien à ce projet en donnant une autorisation de dérogation. Cette dernière avait, ensuite, été rejetée par le Parlement.
La municipalité porte un autre projet, en partenariat notamment avec EDF et le Sdef. « L'étape suivante, c'est l'installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments communaux. Nous avons en projet l'installation de deux éoliennes mais nous sommes au stade des mesures », confie Dominique Salvert. Le fioul sera conservé pour les jours sans vent.
IDSE privilégie les courants marins, « plus adapté et plus facile » pour la fourniture en énergie. Si le solaire fait consensus, Patrick Saultier juge que les « batteries sont trop chères et n'apportent rien ». Il estime néanmoins que « l'éolien est à étudier sérieusement ».
Les énergies renouvelables avancent pas à pas. La prochaine étape du Sdef sera de rendre autonome le nouveau réseau d'éclairage public avec l'énergie solaire. La transition énergétique n'a pas fini d'animer la vie de l'île.