Plus de 600 000 migrants et réfugiés ont débarqués en Europe en 2015, selon l'Organisation internationale pour les migrations. De l'indifférence des premiers mois à la prise de conscience puis à la fermeture des frontières de certains pays jusqu'au tir mortel de la police bulgare: retour sur les grandes étapes de la crise des migrants et réfugiés.

Capture d'écran du site internet de l'Organisation internationale pour les migrations, https://www.iom.int/fr.

Capture d'écran du site internet de l'Organisation internationale pour les migrations, https://www.iom.int/fr.

© / Organisation internationale pour les migrations

Les Européens désemparés

Avril. Après la mort en une semaine -du 12 au 18- de plus de 1200 migrants au large de la Libye, les dirigeants européens montent au créneau. Fin avril, l'UE triple le budget des opérations de sauvetage en Méditerranée. Une mission navale de lutte contre le trafic de migrants est lancée en juin, mais elle est limitée dans un premier temps à une surveillance accrue des réseaux de passeurs.

>> Lire aussi. Naufrage des migrants: l'Europe doit-elle intervenir en Libye?

Afin de désamorcer la crise menaçant la libre circulation dans l'espace Schengen, les 28 durcissent fin juin les conditions d'accueil des migrants (création de centres de tri pour réfugiés, accélération des expulsions pour les recalés au droit d'asile...). En revanche, ils peinent à s'entendre sur la répartition solidaire des réfugiés sur leur territoire, qui permettrait de soulager l'Italie et la Grèce soumises à une forte pression migratoire.

La clôture hongroise

Juillet. La Hongrie, l'un des principaux pays de transit en Europe centrale, adopte une ligne dure et commence à ériger une clôture sur les 175 km de sa frontière avec la Serbie, qui sera achevée en septembre.

Un enfant de migrants traverse une clôture barbelée à Roszke à la frontière hongro-serbe le 28 août 2015

Un enfant de migrants traverse une clôture barbelée à Roszke à la frontière hongro-serbe le 28 août 2015

© / afp.com/ATTILA KISBENEDEK

Septembre. Le Parlement hongrois vote une batterie de lois qui renforcent notamment les possibilités de déploiement de l'armée aux frontières, rendent l'immigration illégale passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison et autorisent l'armée à faire usage d'armes non létales. Des camps de "transit", où les demandes d'asiles sont examinées, sont mis en place.

Le choc des images

Le 27 août. 71 migrants sont découverts morts asphyxiés dans un camion frigorifique venant de Hongrie et abandonné au bord d'une autoroute autrichienne. Le drame soulève émotion et colère et secoue les opinions publiques européennes.

Les cercueils des migrants retrouvés morts dans un camion en Autriche arrivent à Vienne pour être autopsiés, le 28 août 2015

Les cercueils des migrants retrouvés morts dans un camion en Autriche arrivent à Vienne pour être autopsiés, le 28 août 2015

© / afp.com/DIETER NAGL

2 septembre. Le corps d'un petit Syrien de 3 ans, Aylan, est retrouvé gisant face contre terre sur une plage de Turquie après un naufrage. L'image, insoutenable, créé une onde de choc à travers le monde, participant à la prise de conscience sur le sort des migrants.

TURKEY, Mugla : TOPSHOTS
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A Turkish police officer stands next to a migrant child's dead body off the shores in Bodrum, southern Turkey, on September 2, 2015 after a boat carrying refugees sank while reaching the Greek island of Kos. Thousands of refugees and migrants arrived in Athens on September 2, as Greek ministers held talks on the crisis, with Europe struggling to cope with the huge influx fleeing war and repression in the Middle East and Africa. AFP PHOTO / DOGAN NEWS AGENCY
= TURKEY OUT =

Le corps du petit garçon retrouvé par un gendarme turc.

© / AFP PHOTO / DOGAN NEWS AGENCY

L'Allemagne ouvre ses frontières...

Début septembre. Dans une décision sans précédent, l'Autriche accepte, en concertation avec Berlin, de faciliter l'accueil et le transit vers l'Allemagne de milliers de migrants coincés en Hongrie, pays qui a vu affluer en août quelque 50 000 personnes. Alors qu'entre 800 000 et un million de demandeurs d'asile sont attendus cette année en Allemagne, la chancelière Angela Merkel appelle à ne pas fixer de limites à l'accueil des réfugiés.

De leur côté, Paris et Londres promettent d'accueillir des dizaines de milliers de réfugiés.

... Puis les ferme

13 septembre. Au bord de la saturation, l'Allemagne réintroduit les contrôles à ses frontières pour "contenir" l'afflux de réfugiés, suspendant la libre circulation dans l'espace européen. La volte-face intervient alors qu'Angela Merkel est confrontée à des problèmes logistiques et à la grogne de son propre camp politique.

La décision de Berlin fait immédiatement des émules parmi les pays de l'Est -Slovaquie et République tchèque- qui rejettent depuis des semaines l'idée de quotas de répartition.

Tir mortel en Bulgarie et début d'accord à Bruxelles

Dans la nuit de jeudi à ce vendredi, un jeune Afghan est mortellement touché par une balle tirée par la police des frontières peu après son entrée sur le territoire bulgare depuis la Turquie. Le drame survenu près de Sredets (sud-est) est le premier cas connu de tir mortel de forces de l'ordre depuis le début de la crise.

Au même moment à Bruxelles, un "plan d'action commun" est conclu entre l'UE et la Turquie pour endiguer les flux migratoires. Mais Ankara qualifie le plan de "projet" et juge son financement "inacceptable".

La Hongrie qui a achevé la clôture de sécurité à la frontière croate, décide de fermer sa frontière, un mois après en avoir fait autant avec sa frontière serbe.