Hollande entre fantasmes et fantômes

VIDÉO. Air France, montée du Front national, immigration... Au matin de la conférence sociale, le président de la République était l'invité de RTL.

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Le président de la République a dénoncé les dangers du FN.
Le président de la République a dénoncé les dangers du FN. © DR

Temps de lecture : 2 min

Il y a deux François Hollande, celui qui combat les fantasmes du FN et celui qui poursuit ses propres fantômes. Les fantasmes, ce sont les hordes de migrants qui déferleraient sur la France et dont le parti de Marine Le Pen fait son puissant combustible au cours de cette campagne régionale. Le chef de l'État, invité impromptu de la matinale de RTL au matin de la conférence sociale, réaffirme qu'il faut cesser de croire aux "manipulations" du FN. "La France accueillera 24 000 migrants dans les deux ans qui viennent. En Allemagne, 500 000 sont déjà arrivés", lance-t-il, comme pour montrer que, dans les négociations européennes, il a su faire rempart de son corps à la vague qui s'abat sur les frontières à l'est de l'Europe.

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Serait-il trop passif face à la montée en puissance de Marine Le Pen dont le parti restructure profondément la vie politique depuis le début de son quinquennat ? "Je ne suis pas spectateur, je me bats !" affirme-t-il en partisan inlassable d'un "vivre-ensemble" dont la nation s'éloigne peu à peu. "Je ne suis pas candidat aux régionales, je demande au pays de réfléchir", poursuit-il, comme une mise en garde adressée aux électeurs tentés par l'aventure du FN et dont le vote national populiste ferait fuir les investisseurs internationaux. "Un grand pays ne se replie pas," conclut-il. Toujours dans un esprit de "rassemblement", le président voudrait que l'on cesse d'opposer ruraux et urbains ; il se prétend le défenseur des agriculteurs, des chômeurs sans formation, des chefs d'entreprise confrontés à une bureaucratie étouffante, accablés par les charges.

"La société ne se gouverne pas comme une armée"

C'est précisément sur ce deuxième front qu'il rencontre ses propres fantômes : cette France qui "va mieux" parce qu'elle ferait 1 % de croissance (alors qu'il en faut bien plus pour que le chômage recule), ces réformes économiques (la baisse des charges pour les entreprises de 41 milliards d'euros) dont on attend désespérément les premiers résultats, ce dialogue social qu'il appelle de ses voeux pour améliorer la compétitivité des entreprises et dont, hélas, les Français constatent qu'il n'est qu'un simulacre, un théâtre de postures où chacun sait par avance que la CGT et FO s'opposeront à tout et que le Medef tombera dans la surenchère patronale...

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Fantasmes et fantômes, Hollande avance ainsi, à tâtons, dans les ténèbres d'un quinquennat sans apercevoir, à ce jour, la lumière au bout du tunnel de ce train fantôme. Quand les journalistes de RTL essaient d'opposer son action musclée à l'étranger, sur le plan militaire, et le caractère parfois indécis de sa politique intérieure, Hollande se cabre soudain : "La société, elle ne se gouverne pas comme une armée. (...) Elle n'obéit pas au doigt et à l'oeil au chef de guerre que je serais." Une manière sous-entendue de pointer du doigt ceux qui promettent de tout changer en décidant tout seul à l'Élysée. Le portrait-robot de cet autre est assez limpide...

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Commentaires (46)

  • Tousofns

    M. Le Président de la FFP,
    J'ai l'honneur de informer que je ne suis plus en situation d'essayer de faire de la politi...que de haut niveau. Il y a trop d'élections consécutives. Je ne peux pas jouer en
    International, en national et dans mon club de Corrèze.
    Veuillez croire, M. Le Président à...

  • LYCA

    EN PARLANT DU MOYEN ORIENT il n'a pas dit...
    qu'en droit français, le crime d’association de malfaiteurs en relation ...avec une entreprise terroriste est passible de dix ans de prison. Pas de la mort…

  • LIBERANE

    Dans une conférence social, il est assez paradoxale de vouloir se donner une image de chef de guerre !
    E s'il fait all...usion aux quelques frappes aériennes qu'il a autorisée en Syrie, comme chef de guerre, on en a connu des plus virulents !