États-Unis : le hameau où il faut être d'origine allemande

Au coeur de Long Island, dans l'État de New York, un ancien quartier nazi impose toujours à ses habitants d'être d'origine allemande pour posséder une maison.

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À Long Island, une communauté interdit à ses membres de vendre leur maison à quelqu'un qui ne serait pas d'origine allemande (photo d'illustration).
À Long Island, une communauté interdit à ses membres de vendre leur maison à quelqu'un qui ne serait pas d'origine allemande (photo d'illustration). © Copyright (c) 1998 Hewlett-Packard Company

Temps de lecture : 2 min

Un quartier réservé à des habitants d'origine allemande. À Long Island, une île à quelques kilomètres des bruyantes avenues de New York, une communauté vit comme hors du temps. Jusqu'aux premières heures de la Seconde Guerre mondiale, les rues étaient baptisées en hommage à Adolf Hitler ou Joseph Goebbels. Des drapeaux ornés de croix gammées flottaient dans l'air. Et des trains partaient chaque été de Pennsylvania Station, une gare au cœur de Manhattan, vers ce qui était alors un camp de vacances voué au nazisme.

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De ce passé peu reluisant, une seule règle aussi surprenante qu'incompréhensible subsiste. Tous les habitants de ce hameau baptisé Yaphank doivent justifier de leur ascendance germanique pour devenir propriétaires. Un couple a déposé une plainte en fin de semaine dernière pour tenter de faire évoluer les règles, vèle le New York Times, qui y consacre un long reportage. Philip Kneer et Patricia Flynn-Kneer possèdent une maisonnette depuis presque 20 ans. Ils cherchent à la vendre, mais le règlement de la communauté – propriétaire du terrain – leur interdit d'apposer un panneau pour le signaler. « Vous avez la sensation d'être un animal en cage. C'est terrible pour tout le monde – pour mes enfants, pour mon couple, et même pour mes chiens », témoigne le père de famille.

Un quartier presque 100 % blanc

Poster une petite annonce dans un journal local ? Tout aussi impossible pour les Kneer. La procédure exige que les acheteurs soient sélectionnés par le conseil de la communauté. Et les futurs élus ont de très fortes chances d'être blancs, assure la famille au New York Times. Le couple et leurs enfants n'ont aperçu que deux hommes d'origine afro-américaine depuis leur arrivée dans le quartier. L'un était le petit ami d'une voisine et l'autre, le beau-frère de Philip Kneer. Aucun des deux n'était bien vu par leurs voisins, affirment les Kneer.

À Découvrir Le Kangourou du jour Répondre À bout de souffle, le couple s'est offert les conseils d'un avocat pour plaider sa cause. Ce dernier a joint deux photographies à sa plainte. L'objectif ? Dresser un parallèle entre passé et présent. Le premier cliché, daté des années 1930, témoigne d'une manifestation de chemises noires. Beaucoup plus récent, le second a été pris dans le jardin du club-house de la communauté. Il laisse deviner un médaillon nazi placé au-dessus d'une bannière aux couleurs de l'Allemagne. La preuve que rien n'a changé, jure l'avocat.

Sans attendre la décision du tribunal, la famille Kneer a fini par plier bagage vendredi 16 octobre. Ce qui n'a pas manqué de provoquer la colère du chef de la communauté, monsieur Kessler : « Ils sont amers, car ils n'ont pas pu obtenir le prix qu'ils souhaitaient pour leur maison. » Mais d'autres voix plaident pour un changement du règlement. À l'image du beau-frère de M. Kessler, qui est prêt à accueillir des non-Blancs. Une vraie révolution.

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Commentaire (1)

  • zakaria7

    Sont des " Juifs allemands" ?