Réformes : les Français disent oui, mais pas à marche forcée

C'est peu dire que les images du DRH d'Air France à la chemise déchirée ont laissé des traces. Selon notre baromètre Odoxa - MCI - « le Parisien » - « Aujourd'hui en France » - France Info, le conflit social qui secoue la compagnie aérienne est même l'événement qui, dans l'actualité économique et sociale, a le plus marqué les Français ces dernières semaines (54 %). Loin devant les grèves et manifestations des policiers et des avocats, les suppressions de postes à la Société générale, chez Fram ou Areva, l'accord sur les retraites complémentaires (voir ci-dessus) ou la conférence sociale des 19 et 20 octobre.
Les troubles causés par les taxis en juin, les agriculteurs en juillet, et ceux déclenchés par l'annonce de nouvelles suppressions de postes chez Air France sont même vus comme le symptôme d'un dialogue social qui se dégrade, par 83 % des personnes interrogées. Un paradoxe, alors que le taux de grève est assez faible (80 jours de grève pour 1 000 salariés du public et du privé en 2013, selon l'Institut européen des syndicats).
Le poids des images
« Les sondages enregistrent les perceptions... Pas nécessairement les réalités, selon Gaël Sliman, le président d'Odoxa. Il semble que le nombre de conflits sociaux et de jours de grève ait tendance à baisser, mais les Français ont le sentiment inverse. » Seuls 16 % des sondés jugent que les conflits récents sont, comme chez Air France, « des cas isolés n'étant pas représentatifs de l'évolution du dialogue social ».
Le poids des images est tel que, toujours selon notre sondage, les Français souhaiteraient même qu'on aille moins vite dans le rythme des réformes. Il y a un an, ils étaient pourtant 57 % à souhaiter le contraire, souligne Odoxa. Et ce sont davantage les sympathisants de la gauche (62 %, contre 50 % pour ceux de la droite) qui plaident pour qu'on mette le holà sur les réformes.
Et qui pour les mener ? Là encore, petite évolution par rapport à 2014 : ils sont 70 % à estimer que les réformes efficaces sont davantage le fruit de négociations entre syndicats et patronat que le produit du travail du gouvernement ou du Parlement. Du pain bénit pour les partenaires sociaux, qui se réunissent à nouveau demain sur le sujet des retraites complémentaires.