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Municipales : les défections se suivent et se ressemblent au FN

Plusieurs candidats du Front national ont jeté l'éponge ces derniers mois. Tous témoignent d'un parti qui n'aurait changé qu'en surface.

Le Monde

Publié le 22 janvier 2014 à 12h48, modifié le 22 janvier 2014 à 13h36

Temps de Lecture 2 min.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 7 janvier 2014.

Un « choc de réalité ». C'est ce qu'ont vécu des « transfuges » qui ont rejoint le Front national pour les municipales, attirés par la tentative de dédiabolisation du parti de Marine Le Pen. Plusieurs d'entre eux ont témoigné ces derniers mois avoir trouvé un parti marqué par un racisme profond qui tranche avec les déclarations publiques des leaders du parti.

  • Vincent Morelle est le dernier en date à avoir jeté l'éponge, comme il l'explique dans une interview à Libération. Le jeune homme âgé 24 ans, était, jusqu'au 11 janvier, le directeur de campagne de Béatrice Roullaud, la candidate FN pour les municipales à Meaux. Cet ancien militant UMP pensait que le FN était « la meilleure offre pour faire gagner le souverainisme ». Mais « stupéfait » et « heurté » par l'« amateurisme » et les propos tenus par les membres du parti de Marine Le Pen, dans lequel, raconte-t-il à Libération, les « extrêmes l'emportent » sur les « modérés », il rend sa carte le 20 janvier, après avoir démissionné de ses fonctions et dit à la candidate et son équipe « ce qu'il avait sur le cœur ».

 

  • Nadia Portheault était candidate du Front national pour les municipales à Saint-Alban. D'origine algérienne, elle a renoncé à briguer la mairie de cette commune au nord de Toulouse, dégoûtée par le racisme et l'homophobie d'une partie des cadres et militants locaux, a-t-elle indiqué, le 4 novembre 2013, à La Voix du Midi. Elle et son mari, Thierry, ont également décidé de rendre leur carte d'adhérent. Le couple a constaté « un décalage entre le discours de Marine [Le Pen] et celui de la base militante, explique la jeune femme. Cette ambiguïté permanente, entre la vitrine et une arrière-boutique spécialisée dans les blagues vaseuses sur les Arabes et les homos, n'était plus supportable ».

 

  • Arnaud Cléré, tête de liste RBM à Gamaches (Somme), commune d'un peu moins de 3 000 habitants, a pris sa décision en mai. Il souhaitait faire une liste commune avec le FN. L'UMP, que cet ancien militant villiériste avait rejoint en 2007, a annoncé son exclusion. Du coup, il a sauté le pas. Cet éleveur caprin de 34 ans a adhéré à Souveraineté, indépendance et libertés (SIEL), un microparti, composante du RBM. « Ma liste pour Gamaches comporte 7 UMP. Si le parti les exclut tous, ça va faire beaucoup », indique-t-il. Le 24 novembre 2013, il dénonce un parti dans lequel les « propos xénophobes, homophobes sont toujours là ».

 

  • Anna Rosso-Roig, candidate du Parti communiste aux dernières législatives dans les Bouches-du-Rhône, a décidé de rejoindre le Front national pour être candidate à l'élection municipale de Marseille en 2014, justifiant son choix par « un ensemble » de choses, notamment un « événement personnel dramatique » qui lui a ouvert les yeux. « C'est l'étincelle finale qui m'a fait changer d'avis, explique-t-elle alors. Je me suis dit (...) : 'la réalité n'est pas ce que me raconte le Front de Gauche' », affirme-t-elle. « Catholique pratiquante », elle a indiqué également être « horripilée » par « ce qui se passe autour du mariage pour tous ». « Ça a été un ensemble. Ce n'est pas par opportunisme. Je ne vis pas de la politique et je ne compte pas en vivre », a-t-elle poursuivi pour justifier son passage du Front de Gauche au Rassemblement bleu Marine. Le 25 novembre, elle vide son sac en renonçant à se présenter. « Antimusulman », « brutal », « sexiste », le FN n'a, à l'en croire, pas changé.

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