Prix du menteur en politique : les nominés sont...

François Hollande, Marine Le Pen ou encore Laurent Wauquiez sont en compétition pour recevoir ce prix censé "inciter la classe politique à moins mentir".

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François Hollande et Marine Le Pen sont en course pour emporter le prix du menteur en politique 2015.
 
François Hollande et Marine Le Pen sont en course pour emporter le prix du menteur en politique 2015.   © AFP

Temps de lecture : 6 min

Créé par le politologue Thomas Guénolé le 19 janvier 2015, le prix du menteur en politique est decerné "avec humour pour inciter la classe politique à moins mentir, pour sensibiliser le journalisme politique à l'importance du fact checking, et pour encourager le grand public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique". La récompense est destinée à être proclamée chaque début d'année, pour les mensonges politiques de l'année précédente. L'année dernière, c'est Nicolas Sarkozy (LR) qui a remporté le prix pour ses 17 mensonges répétés dans ses meetings lors de la campagne pour la présidence de l'UMP. Cette année, le président de son parti jouit donc d'un "totem d'immunité". Le nom de l'heureux vainqueur sera annoncé le 5 février.

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Les nominés pour l'année 2015 sont :

  • Catégorie "prix 2015 du menteur en politique"

François Hollande (PS), pour avoir prétendu le soir du 13 novembre qu'il décidait la fermeture des frontières mais ne l'avoir ensuite pas fait.

Marine Le Pen (FN), pour son accumulation d'affirmations fausses sur les migrants (par exemple sur l'ampleur de la vague d'arrivants, sur leur sexe et leurs motivations, sur le faux assaut de migrants contre des pompiers à Calais, par martelage de cette question lors des régionales alors que ce n'est pas une compétence régionale…) ou sur le djihadisme.

Laurent Wauquiez (LR), pour sa spectaculaire accumulation de mensonges, sur lui-même pour se construire un personnage public globalement factice, et sur de multiples sujets politiques (par exemple sur les relations politiques entre Charles de Gaulle et Guy Mollet).

  • Catégorie "prix spécial du Jury"

À l'ensemble de la classe politique, pour avoir encore et encore recyclé le mythe des soi-disant 150 000, 250 000, 600 000 emplois qui seraient "non pourvus alors qu'on a tant de chômage".

Patrick et Isabelle Balkany (LR), pour l'ensemble de leur carrière.

Marine Le Pen (FN), pour son accumulation d'affirmations fausses sur les migrants (par exemple sur l'ampleur de la vague d'arrivants, sur leur sexe et leurs motivations, sur le faux assaut de migrants contre des pompiers à Calais).

Florian Philippot (FN), pour s'être indigné que 80 % des meilleurs apprentis de France soient des clandestins alors qu'ils ne sont en fait que 0,25 %.

  • Catégorie "Un certain regard"

Claude Bartolone (PS), pour avoir accusé Valérie Pécresse de défendre "la race blanche" .

Gilbert Collard (FN), pour relayer régulièrement les rumeurs et les intox de la "fachosphère", par exemple cette histoire de mosquée.

Pierre Lellouche (LR), pour réussir l'exploit de produire un "droit de réponse à la bienpensance" aux articles ayant pointé son intox sur les indemnités accordées aux réfugiés... dans lequel il reconnaît avoir dit n'importe quoi.

Ségolène Royal (PS), pour s'être répétitivement emmêlé les pinceaux ou avoir déformé les chiffres sur : la voiture électrique, le nombre d'oiseaux disparus en Europe, l'efficacité de l'indemnité vélo, les réfugiés climatiques, entre autres.

Michel Sapin (PS), pour avoir poussé l'absurdité jusqu'à soutenir qu'"une croissance nulle conforte nos objectifs en matière de croissance" ; et ce, après avoir été un pionnier du concept surréaliste de "baisse de la hausse" du chômage du temps où il était ministre de l'Emploi.

Manuel Valls (PS), pour ses justifications bidonnées quant au fait d'être allé à Berlin voir un match de football, avec deux de ses enfants, en se servant pour ce faire d'un avion du gouvernement.

  • Catégorie "Robocop"

Bernard Cazeneuve (PS), pour avoir relayé la version mensongère du Raid selon laquelle l'assaut de Saint-Denis s'est fait sous un déluge de feu des terroristes.

  • Catégorie "Le cumulard de l'année"

Jean-Yves le Drian (PS), pour son cumul des fonctions de ministre de la Défense et de président de la région Bretagne, en contradiction flagrante avec un engagement solennel de François Hollande ("Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche").

  • Catégorie "meilleur second rôle féminin"

Lydia Guirous (LR), éphémère porte-parole du parti Les Républicains, pour avoir prétendu que la France est le pays européen qui accueille le plus d'étrangers.

  • Catégorie "meilleur second rôle masculin"

Christian Estrosi (LR) pour son virage à 180 degrés, digne des plus belles courses de moto, sur la position à tenir à droite face au Front national.

Bruno Le Roux (PS), président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, pour avoir affirmé qu'on ne trouverait aucun renoncement par rapport aux promesses du président Hollande.

  • Catégorie "meilleur costume"

Bernard Cazeneuve (PS), pour avoir exagéré le nombre de reconduites à la frontière afin d'assurer qu'il est plus ferme que la droite lorsqu'elle était au pouvoir.

  • Catégorie "prix de l'Audace statistique"

François Hollande (PS), pour avoir tenté de vanter le "bon bilan" de plus de 3 000 perquisitions sous état d'urgence alors qu'elles ont abouti à... seulement 4 vraies procédures antiterroristes .

  • Catégorie "jeune espoir"

Florian Philippot (FN, 34 ans), pour avoir déclaré : "Toutes les mosquées ne sont pas des lieux de radicalisation mais 100 % des lieux de radicalisation sont des mosquées."

Laurent Wauquiez (LR, 40 ans), pour sa spectaculaire accumulation de mensonges, sur lui-même pour se construire un personnage public globalement factice, et sur de multiples sujets politiques (par exemple sur les relations politiques entre Charles de Gaulle et Guy Mollet).

Le jury est composé de journalistes de différents médias : Mélissa Bounoua (Slate.fr), Alexandre Devecchio (Figarovox), Antoine Krempf (France Info), Samuel Laurent (Les décodeurs, lemonde.fr), Cédric Mathiot (Desintox, Libération) et Hugo Domenach (Le Point).

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Commentaires (24)

  • sica

    Un prix de l'homme politique sincère m'intéresserait davantage.
    Sans doute M Guénolé a-t-il renoncé devant l'impossibilité du défi.

  • Michel800

    Rien que savoir qui l'a créée. Thomas Guénolé. "le pire politologue" que je n'ai jamais vu, ni lu, ni écouté.
    le plus grand menteur ? Avec des accessits... C'est vraiment minable.
    Ils sont TOUS des Menteurs ! Journalistes compris !.
    Attrape nigauds... Et des gens tombent dans le piège Guénolé ?.

    *Devant Alain Finkielkraut dans ONPC il (T. Guénolé) a développé un "délire" digne des écoles de Psy. "Sainte Anne" compris !
    Allez // remballez moi ça ! Il ne vaut pas un radis.
    Thomas Guénolé ? Ah ah ah...

  • daver

    Politique et médias même menteurs. C'est l'arroseur arrosé.