DOSES LÉTALES - En Europe, les décès liés aux surdoses de drogues sont en hausse, rapporte ce mardi l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies dans son rapport annuel. En 2015, 8441 personnes ont été tuées par surdose de produits opiacés. Détails.
De plus en plus de personnes meurent d'une overdose de drogue. C’est l’un des enseignements notables du rapport annuel de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publié ce mardi. Basé sur des données collectées en 2015 et 2016, il rapporte ainsi l'augmentation "grave" et "préoccupante" du nombre de décès par surdose dans les 28 Etats de l'UE ainsi qu'en Turquie et Norvège (8441 décès en 2015, en augmentation de 6% par rapport à 2014). Des décès par surdose "principalement liés à l'héroïne et à d'autres opiacés". Pour rappel, une surdose (aussi appelée overdose) est une dose excessive susceptible de provoquer le décès de l’usager de stupéfiants.
Ce phénomène est particulièrement fort dans les pays du Nord de l’Europe. Comme en Estonie où l’Observatoire (nouvelle fenêtre) dénombre 103 décès par million d’habitants âgés entre 15 et 64 ans. Ou en Suède, où 100 décès par million d’habitants ont été recensés. Avec seulement 7 décès par million d’habitants, la France semble de son côté épargnée. L’OEDT se montre toutefois prudent quant à l’interprétation de ces données "en raison notamment de la sous-déclaration systématique dans certains pays et des processus d’enregistrement entraînant des retards dans les signalements".
En France, les traitements de substitution plus mortels que l'héroïne
Face à ce problème sanitaire majeur, l’Observatoire précise que "les réponses ciblées dans ce domaine sont axées soit sur la prévention des surdoses, soit sur l’amélioration des chances de survie en cas de surdose". Et d’évoquer notamment "l’efficacité du traitement de substitution à la méthadone pour la réduction de la mortalité (due à des surdoses et toutes causes confondues) chez les personnes dépendantes aux opiacés" ainsi que l'utilité des 78 salles de consommation disséminées sur le continent qui permettent de "garantir la disponibilité d’une aide professionnelle en cas de surdose".
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Pour autant, l'OEDT ajoute que "les surdoses d'opiacés utilisés dans des traitements de substitution sont encore plus mortels que l'héroïne en France, au Danemark, en Irlande et en Croatie". Ce qui montre bien qu’il n’existe pas encore de formule magique en matière de lutte. Et qu’il reste encore du chemin à parcourir pour les Etats, comme l’a souligné ce mardi Laura d'Arrigo, présidente du conseil d'administration de l'OEDT, lors d’une conférence de presse : "Aucun pays n'a encore trouvé la réponse miracle sur ces questions. Il est crucial de partager les expériences et les pratiques, celles qui ont réussi bien sûr, mais aussi celles qui ont eu moins de succès".