Un trésor du monde antique refait surface à Roscoff
En 2015, une épave du IIIe siècle et son trésor d’étain ont été découverts. Une seconde campagne de fouilles a été menée. L’occasion de remonter de nouveaux trésors : de la vaisselle en céramique et en verre « d’une finesse incroyable ».
Au large de Roscoff, à l’est de l’île de Batz, un trésor antique a refait surface, la semaine dernière. « On travaille ici sur une épave romaine du IIIe siècle, retrouvée sous 20 m de profondeur. C’est un chantier rare et exceptionnel », confie Olivia Hulot, chargée de mission au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), basé à Marseille.
Exceptionnelle, l’épave étudiée l’est de par sa datation. « C’est la deuxième épave antique retrouvée sur l’Arc Manche-Atlantique. La première, c’était en 1983, au large de Ploumanac’h, elle contenait 22 tonnes de plomb. » Elle l’est surtout de par la cargaison retrouvée sur le site : « 800 lingots soit près de 10 tonnes d’étain, un métal très recherché à l’époque car il servait à fabriquer le bronze. Un trésor qui a perdu toute sa valeur avec la corrosion. »
De nouveaux trésors
En 2015, une équipe composée d’une vingtaine de chercheurs a mené une première campagne de fouilles. « 6,5 tonnes de lingots d’étain de formes et de tailles différentes, dont certaines pièces estampillées de sigles et des lettres ABN, des éléments de balance romaine et des ossements de cochon ont été remontés. »
Toutes les pièces ont été photographiées sous toutes les coutures avant d’être en partie réimmergées lors de la seconde campagne de fouilles qui a mobilisé sept plongeurs, la semaine dernière. L’occasion de remonter de nouveaux trésors : « De la vaisselle en céramique et en verre d’une finesse incroyable. »
Une piste au nord de la Tamise
Témoignage unique sur le commerce de l’étain, l’épave va continuer à faire l’objet de recherches pour établir l’origine des métaux, leur production, leur transport et leur commercialisation.
Les premiers pas des chercheurs les orientent vers le nord de la Tamise. « Plus tard on peut imaginer une restitution publique pour expliquer aux gens ce qui se tramait sur leurs côtes, il y a bien longtemps », se réjouit Olivia Hulot.