La technologie helvétique qui fait parler les morts

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LausanneLa technologie helvétique qui fait parler les morts

Une nouvelle méthode initiée par des experts romands permet d'investiguer le corps des morts sans les ouvrir. Sa fiabilité vient d'être prouvée par une étude européenne.

Silke Grabherr, du Centre universitaire romand de médecine légale, est à l'origine d'une nouvelle méthode qui permet d'interroger les corps humains sans les ouvrir. La technique pourrait notamment séduire les pays musulmans et les Asiatiques.

Silke Grabherr, du Centre universitaire romand de médecine légale, est à l'origine d'une nouvelle méthode qui permet d'interroger les corps humains sans les ouvrir. La technique pourrait notamment séduire les pays musulmans et les Asiatiques.

Le Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) a développé une méthode qui constitue un complément à l'autopsie classique. Il s'agit de l'angiographie par tomodensitométrie post-mortem. Ici, pas besoin d'ouvrir le corps. «Un agent de contraste est introduit pour créer une circulation sanguine artificielle en appliquant une perfusion post-mortem au système vasculaire», explique Silke Grabherr, professeure au CURML. Un dispositif de perfusion joue ainsi le rôle du cœur.

Quelque 500 corps humains examinés

Pilotée par des experts romands, une étude ayant réuni des spécialistes de cinq pays européens a examiné quelque 500 corps humains sur la base de cette technique. Publiés mardi, les résultats sont bluffants: l'angiographie post-mortem a permis d'identifier jusqu'à 90% de l'ensemble des constatations effectuées sur un corps là où l'autopsie n'en a identifié que 61%. La méthode est également très efficace lors de lésions osseuses et vasculaires. «Ces cas sont principalement observés pour des morts violentes comme lors de chutes, d'accidents de la route, de traumatismes balistiques ou par arme blanche en cas d'homicides et de suicides», précise la professeure.

Succès en vue dans les pays arabes et en Asie?

Cette nouvelle méthode qui porte l'empreinte du CURML peut aussi servir d'alternative à l'autopsie. Surtout dans des pays où, pour des raisons religieuses, non seulement l'autopsie n'a pas la cote mais les corps doivent être rendus aux familles dans des délais très courts.

Mais dans les cas d'enquêtes criminelles, le diagnostic final ne se fait jamais sans une confirmation par une autopsie conventionnelle. Il est donc encore trop tôt pour enterrer l'autopsie.

(apn)

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