CANICULE. L’été 2018 a été le plus chaud depuis la canicule de 2003. Si le record de température minimale de 22,4°C enregistré le 27 juillet est resté inférieur aux 25,5°C de 2003 (record absolu), cette saison a connu 26 jours au-dessus de 30°C contre 21 jours il y a quinze ans. La canicule a donc été moins intense mais plus longue. A Paris, le temps a été torride puisque les températures ont été supérieures de 8°C à la moyenne nationale. La faute à "l’îlot de chaleur urbain". « Le phénomène se constate la nuit, explique Raphaëlle Kounkou-Arnaud, responsable "études et climatologie" à la Direction Ile-de-France de Météo-France. La chaleur est en effet absorbée le jour par le béton et le bitume et restituée la nuit tandis qu’en campagne les végétaux consomment l’énergie solaire pour la photosynthèse ».

Paris en août 2003. En violet, les quartiers les plus denses de Paris sont aussi ceux où la température est la plus forte. ©Météo France
Ce sont les surfaces artificialisées qui provoquent l’îlot de chaleur si bien qu’en moyenne toute l’année la température de Paris est supérieure de 2,5°C aux zones rurales environnantes.
CANICULE. L’été 2018 a été le plus chaud depuis la canicule de 2003. Si le record de température minimale de 22,4°C enregistré le 27 juillet est resté inférieur aux 25,5°C de 2003 (record absolu), cette saison a connu 26 jours au-dessus de 30°C contre 21 jours il y a quinze ans. La canicule a donc été moins intense mais plus longue. A Paris, le temps a été torride puisque les températures ont été supérieures de 8°C à la moyenne nationale. La faute à "l’îlot de chaleur urbain". « Le phénomène se constate la nuit, explique Raphaëlle Kounkou-Arnaud, responsable "études et climatologie" à la Direction Ile-de-France de Météo-France. La chaleur est en effet absorbée le jour par le béton et le bitume et restituée la nuit tandis qu’en campagne les végétaux consomment l’énergie solaire pour la photosynthèse ».

Paris en août 2003. En violet, les quartiers les plus denses de Paris sont aussi ceux où la température est la plus forte. ©Météo France
Ce sont les surfaces artificialisées qui provoquent l’îlot de chaleur si bien qu’en moyenne toute l’année la température de Paris est supérieure de 2,5°C aux zones rurales environnantes. Les activités humaines (moteurs des voitures, climatisations, industries) y participent mais dans une moindre mesure que les matériaux. La conséquence, c’est que plus la ville est dense plus elle chauffe au soleil. Conçus pour conserver la chaleur, les quartiers historiques anciens sont ainsi beaucoup plus affectés que des zones périphériques où les bâtiments sont plus espacés –et certes plus exposés au soleil- mais avec une plus faible densité qui diminue les capacités de stockage de l’énergie solaire.

Le mécanisme de l'îlot de chaleur urbain. © Météo France
Paris va multiplier les îlots de fraîcheur végétalisés
VEGETALISATION. Le réchauffement climatique en cours va exacerber le phénomène. «2018 est le deuxième été le plus chaud depuis le début des relevés de températures à Paris en 1872, poursuit Raphaëlle Kounkou-Arnaud. Si l’on a recensé 9 étés au-dessus de la moyenne entre 1872 et 1989, Météo-France en a mesuré 19 lors de ces trois dernières décennies ». Ce dernier été pourrait bien annoncer les saisons futures. Le début juin a été marqué par une succession d’orages violents si bien qu’il est tombé 78,2 millimètres de pluie entre le 11 et le 12 juin, soit les précipitations totales d’un mois de juin moyen. Mais ensuite, le mois de juillet a été le sixième mois le plus sec en 150 ans. Cette alternance de longues sécheresses et de pluies diluviennes brèves est prédite par les modèles du GIEC. Même la Seine n’est pas épargnée. Gestionnaire du réseau public de chaleur, la société Climespace qui utilise l’eau du fleuve pour alimenter ses usines de froid a constaté cet été des flots flirtant avec les 27°C.
« Face à cette situation, Paris doit dès à présent s’adapter sinon la ville deviendra insupportable pour ses habitants », prévient Anne Girault, directrice générale de l’Agence parisienne du climat (APC). Et la seule solution efficace, c’est de diminuer les surfaces absorbant la chaleur au profit de végétaux, donnant ainsi raison à rebours à Alphonse Allais (1854-1905). En effet, si on ne parle pas aujourd’hui de «mettre les villes à la campagne» comme le suggérait l’humoriste, «car l’air y est plus pur», les aménageurs et urbanistes préconisent aujourd’hui de remettre de la campagne dans les villes pour qu’il y fasse moins chaud. Le plan climat air énergie de la ville de Paris adopté en mars 2018 prévoit ainsi un objectif de 40% du territoire en surfaces perméables végétalisées. D’ici 2020, aucun Parisien ne devra plus être à plus de 7 minutes d’un "îlot de fraîcheur", soit 700 lieux déjà identifiés : espaces verts, baignades, bâtiments publics climatisés, etc. Les cours d’école vont être progressivement plantées et 100 hectares de toits et façades (dont 1/3 en agriculture urbaine) vont être végétalisés. Une condition essentielle pour que la vie reste supportable sous les toits de Paris.