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Les producteurs bio craignent d'être laminés par la guerre des prix

Près de 40 % des producteurs bio se sont vu réclamer des baisses de prix par la grande distribution au cours des négociations commerciales.

La grande distribution a développé ses propres chaînes de magasins Bio et contrôle désormais 43 % du marché. 
La grande distribution a développé ses propres chaînes de magasins Bio et contrôle désormais 43 % du marché. (Richard DAMORET/REA)

Par Marie-Josée Cougard

Publié le 22 janv. 2019 à 08:15

Les entreprises de la bio n'échappent pas plus que les autres à la guerre des prix que se livrent les enseignes de la distribution . « Avant même que ne commencent les discussions sur les tarifs, 28 % des entreprises de la bio disent s'être vues réclamer des baisses de prix », depuis le début des négociations sur les tarifs 2019. Pire, « à l'issue des premiers rounds de négociation, on se rend compte que c'est le cas pour 40 % d'entre elles », précise Charles Pernin, délégué général du Synabio, le syndicat des entreprises de la bio.

Le Synabio, qui publie son premier Observatoire des négociations commerciales, s'alarme d'autant plus que « 70 % des entreprises du bio doivent faire face à des hausses des prix des matières premières ». Les agriculteurs profitent de la forte demande pour monter leurs prix, dit Charles Pernin, sans toutefois être en mesure de préciser l'importance de cette hausse.

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Et ce n'est pas le seul sujet d'inquiétude. A la demande de déflation des distributeurs, s'ajoutent les pénalités qu'ils appliquent en cas de retard ou de rupture d'approvisionnement : « pour plus de la moitié des entreprises bio, elles sont excessives et inadaptées à la réalité de la bio », déplore le Synabio. « C'est toute une filière qui risque d'être ainsi fragilisée, alors que le marché progresse de 15 à 20 % depuis plusieurs années », s'inquiète Charles Pernin.

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Relativement épargné par les promotions jusqu'à présent, la filière bio craint aussi de faire les frais de l'application de la loi Macron sur l'alimentation. « Les distributeurs qui ne pourront plus faire autant de promotions sur le secteur alimentaire risquent de développer cette pratique sur le bio dans un souci de compensation », estime le Synabio.

Effet pervers du succès

Curieusement c'est le succès du bio qui a créé cette situation. « Les produits bio sont désormais au coeur de la stratégie des enseignes, qui ont développé leurs propres chaînes de bio et contrôlent 43 % du marché ».

En 2018, le chiffre d'affaires cumulé du bio en grande distribution « dépassera les 4,5 milliards d'euros. Leclerc entend doubler son chiffre d'affaires d'ici 2022 tandis que Carrefour envisage de le quadrupler », a rappelé le Synabio, qui souligne que cet engouement permet « de compenser l'évolution négative de la consommation alimentaire conventionnelle ».

Marie Josée Cougard

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