"Nous ne pouvons ni tolérer ni fermer les yeux sur aucune forme de racisme ou d'exclusion", a déclaré le pape François.

Le pape François le 14 novembre 2019 au Vatican

afp.com/Andreas SOLARO

Un pas vers plus de transparence au sein de l'Eglise. Le pape François a levé le secret pontifical sur les dénonciations d'abus sexuels, ainsi que sur les procès et verdicts dans ce domaine, a annoncé ce mardi le Vatican, tout en maintenant un minimum de confidentialité.

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Cela signifie que les plaintes et les documents des procès d'abus sexuels conservés dans les archives du Vatican et des diocèses pourront être transmis aux magistrats des pays qui le demanderont.

Le pape, qui a fait de la lutte contre les agressions sexuelles commises dans l'Eglise catholique une des priorités de son pontificat, fait ainsi un pas supplémentaire sur ce sujet, éliminant toute ambiguïté sur la portée du secret pontifical. Celui-ci, également appelé parfois secret du pape, est une règle de confidentialité protégeant les informations sensibles relatives à la gouvernance de l'Église universelle, selon la définition du site Le forum catholique.

"Aucune obligation de silence"

Les "instructions" signées par le pape ont pour objectif "de préciser le degré de confidentialité avec lequel il faut gérer les informations et les plaintes concernant les abus sexuels" commis par des religieux, explique Mgr Juan Ignacio Arrieta, membre du Conseil pontifical pour les textes législatifs, cité dans un communiqué du Vatican. Plus direct, Giuseppe Dalla Torre, ex-président du Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican, affirme que "le pape François abolit le secret pontifical pour les cas d'abus sexuels", selon le même communiqué.

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"En substance, les raisons qui avaient conduit le législateur ecclésiastique à introduire, parmi les matières sujettes au secret pontifical, les délits les plus graves" comme les agressions sexuelles "cèdent le pas face à des valeurs qui sont considérées aujourd'hui comme plus élevées et dignes d'une protection particulière", comme "la primauté de la personne humaine blessée", ajoute Giuseppe Dalla Torre.

Même s'il lève le secret pontifical, le pape argentin impose cependant un minimum d'attention, exigeant que "les informations" sur ces cas soient "traitées de manière à garantir la sécurité, l'intégrité et la confidentialité (...) afin de protéger la bonne réputation, l'image et la vie privée de toutes les personnes concernées". Ceci ne veut pas dire censure, souligne le pape : "Aucune obligation de silence concernant les faits en cause ne peut être imposée à ceux qui les dénoncent, à la personne qui affirme en être la victime et aux témoins", assure François.

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