INFO LA DEPECHE. Scandale à la cuisine centrale de Toulouse : deux agents accusés de viol et mis à pied
C’est une affaire gérée en toute discrétion aux allures de scandale. Deux agents de la mairie de Toulouse sont mis à pied à la suite de graves accusations de viol et de harcèlement sexuel dénoncées par une Toulousaine de 42 ans, travailleuse en situation de handicap, à la cuisine centrale de Basso Cambo, le lieu où sont concoctés les plats destinés aux écoliers. Selon cette femme décrite comme vulnérable, placée sous curatelle simple et dont la plainte déposée au commissariat de police date du 14 octobre 2022, les faits auraient duré de 2017 à 2022, en partie sur son lieu de travail, "sur fond de chantage".
Profitant de sa situation de faiblesse, les deux agents mis en cause, dont l’un, âgé d’une cinquantaine d’années, occupait le poste de chef cuisinier, auraient exigé à plusieurs reprises des fellations. "Je voulais que cela s’arrête mais il me disait qu’il le répéterait à tout le monde si je ne le faisais pas…", déclare Suzanne (prénom d’emprunt), en arrêt maladie depuis près d’un an alors qu’elle travaillait au conditionnement des plats.
Son compagnon tombe sur un message scabreux
C’est son compagnon qui est tombé par hasard sur un message scabreux envoyé sur le téléphone de Suzanne, il y a plus d’un an, par le second mis en cause. Cet homme d’une trentaine d’années travaille dans un autre service de la ville. Un message sans équivoque mais aussi une vidéo pornographique destinée à sa proie qui n’ose en parler en personne. Terriblement choqué, le compagnon de Suzanne alerte les services de la ville pour dénoncer les faits et la protéger au mieux.
La hiérarchie est alors avisée du récit glaçant relaté par Suzanne qui est entendue en interne par ses responsables. Une enquête administrative est enclenchée sur la base de ses dénonciations. Saisis, les services juridiques de la ville l’incitent à déposer plainte au commissariat.
Sur cette affaire sensible, la mairie de Toulouse, que nous avons contactée, confirme la mesure d’éloignement prise à l’encontre de ces deux agents de la fonction publique. "Le 22 septembre, la direction de la cuisine centrale de la mairie de Toulouse a reçu un mail de la part du compagnon d’une de ses agentes alors en arrêt maladie, pour lui signaler qu’elle aurait subi des violences sexuelles au travail. Un signalement est alors fait auprès de la direction des ressources humaines de la mairie de Toulouse qui a immédiatement déclenché une enquête administrative. Plusieurs agents ont été reçus. Ces auditions ont débouché le 20 octobre sur la suspension des deux agents, présumés auteurs des faits. La collectivité a ensuite effectué un signalement auprès du procureur de la République."
Reconstruction
Deux enquêtes judiciaires sont en cours. La mairie ajoute : "L’enquête administrative, en cours de finalisation, a pour but d’envisager les éventuelles poursuites disciplinaires. Celles-ci peuvent aller jusqu’au licenciement et donc la radiation de la fonction publique territoriale."
Aujourd’hui, Suzanne tente de se reconstruire avec l’aide de son compagnon qui pointe du doigt "la responsabilité de celles et ceux qui n’ont rien dit durant toutes ces années". Elle entame une procédure de reconversion dans un autre service. Mais pour elle, plus question de travailler à la cuisine centrale. "On espère que la justice fasse son travail", conclut le compagnon de Suzanne.


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