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« L’égalité fait partie de l’esprit du rugby, nous ne sommes pas des machos » affirme Daniel Herrero

Il est l’un des visages et l’une des voix du rugby français. Si pour certains, il s’agit d’un sport de brutes, pour lui, c’est une aventure collective et humaine. Défenseur de la féminisation du rugby, il a toujours porté des engagements politiques. Cette semaine, à l’occasion de la 10e -édition de la coupe du monde de Rugby, Rebecca Fitoussi reçoit Daniel Herrero, digne porte-voix de l’ovalie, dans l’émission d’entretien « Un monde, un regard ».
Marie Lebon

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Le rugby, il l’a pratiqué pendant des années avant de devenir entraineur de son club de cœur, le RC Toulon, alors n’allez pas lui dire qu’avec seulement 300 000 licenciés en France, c’est un sport secondaire aux règles trop compliquées. Car pour Daniel Herrero, le rugby c’est avant tout l’expression « du terroir et de l’authenticité ». Si le cœur de l’ovalie bat principalement dans le sud-ouest, le rugby a gagné au fil des décennies les autres régions de France rappelle-t-il, les côtes de la Méditerranée, la région lyonnaise et Paris… Les raisons de ce gain de popularité ? Pour Daniel Herrero, « aucun autre sport collectif ne valorise à ce point le groupe, la fusion, le partage ». Quand tu pratiques ce sport, « tu es obligatoirement titulaire d’une âme respectable » affirme-t-il : « Alors que chez nos amis footballeurs, le narcissisme est plus aiguisé, la boursouflure de l’égo est plus éminente […] nous, on joue ensemble ».

 

« Dès l’enfance, la balle est un petit espace de bonheur »

Si Daniel Herrero parle du rugby avec autant de passion et de poésie c’est qu’il est tombé dedans quand il était petit. Un père joueur dans le club de la Seyne-sur-Mer, une mère qui l’emmène aux matchs dès son plus jeune âge ou encore un frère qui a été pendant un temps son entraineur à la fin des années 60… pour le jeune Dany, il n’y avait pas d’obligation à suivre la voie ouverte pour sa famille, plutôt « un guidage, une orientation, tout mon milieu était imbibé d’ovalie » raconte-t-il.

Un milieu qu’il n’a pas quitté et que ce sportif engagé a vu évoluer avec plaisir. Quand il a commencé sur les terrains, « les pratiques sportives masculines sont cataloguées pour l’essentiel dans le clan des machos, des misogynes et les filles n’avaient pas leur place dans le sport ». Si les choses sont allées lentement depuis la création de l’association de rugby féminin en 1968, aujourd’hui, « l’égalité est dans l’esprit du monde ovale. Nous ne sommes pas machos, affirme Daniel Herrero. Dieu sait que notre pratique est virile et porte des millénaires de lourdeur masculine » mais désormais le rugby féminin s’impose dans le cœur des français.

Alors que la France accueille la Coupe du Monde de Rugby du 8 septembre au 28 octobre, jusqu’où iront les hommes du XV tricolores ? S’il note que l’équipe a manqué de panache lors des derniers mondiaux, cette fois, Daniel Herrero y croit… « ça pétille en talent et en comportement, ça pétille en cœur de France. C’est joyeux et enthousiaste, l’équipe nationale va jouer sur sa terre ».

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