Narbonne : vers la suppression temporaire des allocations familiales pour lutter contre l'absentéisme scolaire
Ce mercredi 13 décembre, les maires étaient réunis par le procureur et les services de l’éducation autour de l'absentéisme et de l'évitement ( la non-scolarisation). Seul levier incitatif : la suppression des allocations. Une menace qui pourrait prochainement être mise à exécution.
191. C'est le nombre d'enfants non scolarisés dans l'Aude au cours de l'année scolaire 2022. Une problématique (appelée évitement) dont le parquet s'est saisi. "C'est un travail volontariste de rescolarisation" a expliqué ce mercredi 13 décembre, le procureur Eric Camous. Ce dernier, accompagné de Frédéric Poirier, secrétaire général de la direction des services de l'Education nationale, a réuni des maires de l'arrondissement pour confronter les pratiques et organiser un temps d'échanges. Parallèlement, l'absentéisme aurait touché 365 élèves. Tous les signalements remontés au parquet par les maires ont fait l'objet d'un dossier unique avec un suivi, adressé à la CAF.
"Comment faire lorsque vous recevez un courrier signalant qu'un enfant a été absent depuis septembre... au mois d'avril ? Les délais sont trop longs" déplore une mairesse, qui explique avoir convoqué la famille. "Il était fatigué m'a dit la mère, c'était trop tôt pour lui. Je conviens donc avec cette parente de les revoir à la rentrée. Or aujourd'hui, il a 16 ans, et il est actuellement en stage. Que faire ?" De telles difficultés sont vécues par les maires, qui s'interrogent. Comment accélérer et rendre la procédure efficace ?
"L'obligation de formation va jusqu'à 18 ans", précise le procureur qui se veut optimiste : "Avant, on ne faisait rien. Nous n'avons le recul que sur une année, et les choses vont rapidement évoluer".
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Le parquet a proposé l'uniformisation d'une adresse mail avec les communes pour faciliter les échanges entre l'inspection d'académie et le parquet. Il a été également proposé que l'Education nationale transmette aux mairies les autorisations et les refus de pratiquer l'école à la maison par les familles. Mais tous en conviennent, le seul levier incitatif pour les familles est celui détenu par la CAF : la menace de la suspension temporaire des allocations familiales. Car malheureusement, c'est à ce seul argument que certains parents accepteraient de ramener leur enfant en classe. "Sur l'ensemble des signalements, combien a-t-on de retrait de la CAF ? ", s'est enquis un maire. Pour l'instant, le système n'a pas encore fait ses preuves, le parquet ayant communiqué à la CAF un projet de convention. Mais quelles seront les dispositions de la caisse ? À titre d'illustration, le 6 décembre dernier, lors de la dernière réunion du Groupe local de traitement de la délinquance, une chaise était vide : celle du représentant de la CAF.


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