Pesticides : "Il faut que les citoyens se mobilisent", souhaite la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho
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La députée écologiste des Deux-Sèvres, Delphine Batho, invitée de France Bleu Poitou, appelle les citoyens à se mobiliser après la pause du plan Écophyto annoncée jeudi 1er février par le gouvernement, face à la colère des agriculteurs. Ce plan vise à réduire l'usage des pesticides.
Invitée de France Bleu Poitou ce jeudi, la députée écologiste des Deux-Sèvres, Delphine Batho, appelle les citoyens à se mobiliser après la pause du plan Écophyto annoncée le 1er février par le Premier ministre Gabriel Attal suite au mouvement de colère des agriculteurs. Ce plan doit fixer des objectifs de baisse d'usage des pesticides, mais il cristallise la colère des producteurs de grandes cultures. L'annonce de la "mise en pause" du plan Écophyto a provoqué la colère d'élus et associations écologistes. Par la voix notamment du ministre de la Transition écologique, le gouvernement a rapidement réitéré l'objectif de baisse de 50% des pesticides d'ici 2030, avec le credo de pas d'interdiction sans solution alternative. "Il nous paraît nécessaire de faire entendre le fait qu'une immense majorité de citoyennes et de citoyens en France ne veut pas de l'empoisonnement alimentaire", explique Delphine Batho.
La députée des Deux-Sèvres estime qu'une riposte est nécessaire "parce qu'il y a toute une mise en scène et une entourloupe pour étouffer les vraies raisons de la colère des agriculteurs, sur le revenu, sur la concurrence déloyale qu'ils subissent dans le cadre des accords internationaux de libre échange, sur les problèmes administratifs, de bureaucratie. Et de transformer ça en une capitulation face aux intérêts de l'agrochimie et en faveur de l'empoisonnement alimentaire avec l'abandon de tout objectif de réduction des pesticides alors que ces pesticides affectent gravement la santé des agriculteurs, des riverains, des habitants et tue la biodiversité. On sait très bien que sans vers de terre, sans pollinisateurs, on aura pas de production alimentaire".
"Il faut que les citoyens maintenant se mobilisent"
La députée des Deux-Sèvres fustige aussi l'absence de volonté politique d'aller vers la logique de l'agriculture biologique. Delphine Batho assure que cette dernière est "moins aidée que l'agriculture conventionnelle, que le gouvernement actuel a baissé les aides à l'hectare à l'agriculture biologique, a soutenu des labels concurrents de l'agriculture biologique." Elle rappelle que les députés ont voté dans la loi de finances un plan d'urgence pour l'agriculture biologique de 271 millions d'euros supprimé par le gouvernement dans le cadre de l'article 49-3 de la Constitution. "Donc non, il est faux de dire que le gouvernement actuel soutient l'agriculture biologique. Il fait exactement l'inverse."
Delphine Batho critique ainsi des "choix publics aux conséquences graves [...] C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il faut que les citoyennes et les citoyens maintenant s'expriment, se mobilisent pour dire 'on veut une alimentation saine, on ne veut pas des pesticides, on veut une agriculture qui rémunère bien les agricultrices et les producteurs et qui est bonne pour la santé et la biodiversité'."
Vers une manifestation nationale contre les pesticides
Les mesures annoncées par Gabriel Attal jeudi 1er février, "appellent à nos yeux une riposte forte de toutes celles et ceux qui aspirent à une alimentation saine, bonne pour la santé, protectrice du vivant, créatrice d'emplois agricoles et garantissant un revenu digne aux travailleuses et travailleurs de la terre", a aussi écrit Delphine Batho, dans un courrier envoyé "aux responsables associations, mouvements citoyens, syndicats et partis".
Génération écologie, présidé par la députée des Deux-Sèvres, invite "les associations, scientifiques, juristes, syndicats et organisations politiques dans leur diversité à une réunion unitaire" ce jeudi "pour envisager des initiatives communes et la perspective d'une manifestation nationale contre les pesticides et l'empoisonnement alimentaire, pour la biodiversité et l’agriculture biologique", a explique le parti à franceinfo ce lundi. Selon Génération écologie, la mise en "pause" du plan Ecophyto, "le renoncement aux rares dispositifs existants concernant les jachères" ou encore "le placement sous tutelle des préfets de l’Office français de la biodiversité" viennent "effacer" les "rares progrès accomplis tout au long des années passées".
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