Les outrages sexistes encore et toujours en hausse en 2023, 19 % de plus qu’en 2022
Les infractions sont relevées davantage dans l’agglomération parisienne et dans les grandes villes. En zone police, les victimes d’outrage sexiste sont majoritairement des jeunes femmes et les auteurs quasi exclusivement des hommes.
Par Le Nouvel Obs avec AFP
Publié le , mis à jour le
« Le sexisme est partout, nous aussi » : collage féministe, à Paris, le 8 mars 2023. CLAIRE SERIE/HANS LUCAS VIA AFP
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Les outrages sexistes ont continué à progresser en France en 2023, avec 3 400 infractions enregistrées, soit 19 % de plus qu’en 2022, pour atteindre le nombre de 11 300 depuis la loi de 2018, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur publiés ce mercredi 31 juillet. L’augmentation se révèle à peu près constante par rapport à celle observée entre 2021 et 2022 (+21 %).
Selon l’étude menée par le Service statistique ministériel de la Sécurité intérieure (SSMSI), 78 % des infractions d’outrage sexiste enregistrées par la police et la gendarmerie – 2 700 au total sont « sans circonstance aggravante » (« outrages sexistes portant atteinte à la dignité ou créant une situation intimidante, hostile ou offensante imposée à une personne »).
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Les infractions sont relevées davantage dans l’agglomération parisienne, avec 8,5 outrages sexistes pour 100 000 habitants, et dans les grandes villes de plus de 200 000 habitants (5 outrages/100 000 habitants).
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Sur le périmètre restreint de la police nationale, les victimes d’outrage sexiste sont majoritairement des jeunes femmes (88 %) et les auteurs quasi exclusivement des hommes (97 %). Toujours en zone police, 14 % des infractions enregistrées pour outrage sexiste et sexuel ont été commises dans les transports en commun (métro, bus, tramway, train, autocar).
Insultes, propos déplacés, gestes inappropriés…
Selon la loi du 3 août 2018, l’outrage sexiste est une contravention consistant à imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
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Dans la plupart des cas, l’infraction se caractérise par des insultes, des propos déplacés, à caractère sexiste ou sexuel, des comportements et gestes inappropriés, des paroles dégradantes, des exhibitions sexuelles ou gestes masturbatoires, des propositions sexuelles voire des attouchements sexuels.
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Depuis le 1er avril 2023, les infractions pour outrage sexiste avec circonstance aggravante sont devenues des délits, celles sans circonstance aggravante des contraventions de cinquième classe (1 500 euros d’amende). Des amendes forfaitaires délictuelles ont aussi été mises en place pour l’ensemble de ces infractions.