Affaire Auradou-Jégou : "Ils m'ont considérée comme un morceau de viande", témoigne la femme accusant les deux rugbymen

Photographie d'illustration. © Getty - Simon D.Warren
Frédéric Denis

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La femme accusant Hugo Auradou et Oscar Jégou de viol en Argentine s'est confiée à la presse française. L'émission Envoyé Spécial diffusera son témoignage le 12 septembre. "Ils m'ont considérée comme un morceau de viande", ce que contestent les deux rugbymen qui rentrent en France ce mercredi.

Alors que les deux rugbymen palois et rochelais, Hugo Auradou et Oscar Jégou, sont de retour en France ce mercredi après l'autorisation accordée par la justice argentinela femme de 39 ans qui les accuse de viol témoigne pour la première fois dans la presse française. Soledad a répondu au magazine de France 2 Envoyé spécial qui diffuse l'entretien le jeudi 12 septembre. "Ils m'ont brutalisée et considérée comme un morceau de viande", explique cette mère de deux enfants, ce que contestent les deux joueurs qui parlent d'une relation sexuelle consentie. Toujours inculpés pour viol aggravé, ils espèrent bénéficier d'un non-lieu d'ici la mi-septembre.

"Il m'a déshabillée comme une brute"

Sur son compte X, Envoyé Spécial a publié un extrait du témoignage de Soledad ce mardi. Elle y raconte sa version de la nuit du 6 au 7 juillet, où elle a rencontré Hugo Auradou dans une boîte de nuit à Mendoza. "Quand il m'a proposé d'aller boire quelque chose dans son hôtel, j'ai dit oui", dit-elle dans des messages vocaux envoyés aux journalistes du magazine. Elle affirme lui avoir ensuite demandé de la laisser rentrer chez elle "car il était tard. Avec la tête il m'a dit non, non non. Il m'a attrapé le cou. Il m'a mise sur le lit. Il m'a déshabillée comme une brute. Il m'a tirée hors du lit alors que j'étais nue et il m'a soulevée par le cou, à tel point que je n'avais plus d'oxygène. J'ai essayé de réagir en le giflant. Au lieu de l'arrêter, cette gifle l'a incité à continuer". Selon la plaignante, quelques minutes plus tard, Oscar Jegou est entré dans la chambre, "au lieu de m'aider, il a abusé de moi une fois, sans préservatif". Soledad précise quà ce moment-là, elle était aphone, qu'elle ne pouvait pas crier car elle avait "les cordes vocales abîmées".

"Elle a caché à la justice qu'elle était atteinte de la maladie de Willebrand"

Dans son témoignage auprès des journalistes d'Envoyé spécial, Soledad explique pourquoi elle n'est pas sortie de cette chambre 603 du Diplomatic hôtel de Mendoza alors que la porte était ouverte. "Je ne pouvais pas sortir, parce que Hugo restait toujours autour de moi. J'ai préféré me laisser faire après tous les coups que j'ai reçus. Si cela n'était pas le cas, je ne serais peut-être pas en vie aujourd'hui".

La plaignante liste ensuite ses blessures, photographies à l'appui. Des photos similaires avaient déjà été diffusées dans la presse argentine. L'avocat français des deux rugbymen, Me Antoine Vey avait alors rappelé que l'enquête "a établi postérieurement que la plaignante avait caché à la justice qu'elle était atteinte de la maladie de Willebrand", une pathologie hémorragique, trouble de la coagulation, qui peut prédisposer aux ecchymoses ou saignements. La plaignante affirme dans son témoignage au magazine de France 2 que "tout cela n'a rien à voir avec ma maladie. Nous allons demander une expertise judiciaire pour le démontrer".

Depuis le début de cette affaire, le deuxième ligne de la Section Paloise et le troisième ligne du Stade Rochelais nient toute violence et affirment que les relations sexuelles avec la plaignante étaient consenties. Leurs avocats ont déposé mardi 27 août une demande de non-lieu. La date d'examen de cette requête par la justice argentine n'a pas encore été fixée. En cas de non-lieu, la procédure visant le Palois et le Rochelais serait "définitivement et irrévocablement" close selon les termes du Code pénal argentin.