Justice « Complices des passeurs » : Marine Le Pen condamnée en appel pour diffamation envers la Cimade

La cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Marine Le Pen pour diffamation envers l'association d'aide aux migrants, qu'elle avait accusée d'organiser « la filière d'immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte.

La rédaction avec AFP - 11 sept. 2024 à 15:10 - Temps de lecture : 2 min
Marine Le Pen. Photo Sipa/Alain Robert.
Marine Le Pen. Photo Sipa/Alain Robert.

« Complices des passeurs »  : la cour d'appel de Paris a confirmé mercredi la condamnation de Marine Le Pen à 500 euros d'amende avec sursis pour diffamation envers la Cimade, une association d'aide aux migrants, qu'elle avait accusée d'organiser « la filière d'immigration clandestine en provenance des Comores » à Mayotte.

En première instance, en octobre 2023, elle avait été reconnue coupable des faits de diffamation publique envers un particulier, la justice estimant que les propos avaient « dépassé la dose d'exagération possible dans le contexte dans lequel ils ont été prononcés » et que les limites de la liberté d'expression avaient été franchies ».

« Des gens qui organisent quelque chose qui est illégal »

La cheffe des députés Rassemblement national avait accusé les associations humanitaires d'être « parfois » « complices des passeurs », lors d'un entretien diffusé sur BFM TV en janvier 2022. A la question « est ce que les associations humanitaires sont complices du délit d'entrée? », elle avait répondu : « Parfois oui. Ils sont même complices des passeurs, oui, parfois. »

Elle avait ensuite visé directement la Cimade, association engagée contre la xénophobie et l'exclusion des personnes immigrées, pour ses actions à Mayotte. « La Cimade organise en réalité la filière d'immigration clandestine en provenant des Comores » à Mayotte, avait-elle déclaré.

Elle avait enfin pointé du doigt les subventions versées aux associations, appelant à arrêter de verser des subventions « à des gens qui organisent quelque chose qui est illégal ».

Un autre procès fin septembre

Mme Le Pen doit être jugée à partir du 30 septembre avec 26 autres personnes et le RN devant le tribunal correctionnel de Paris, pour des soupçons de détournement de fonds publics européens.

Parmi les prévenus figurent Marine Le Pen, Louis Aliot, aujourd'hui vice-président du RN, l'ex-numéro 2 du parti Bruno Gollnisch, ou encore le député et porte-parole du RN Julien Odoul. Jordan Bardella n'avait lui pas été mis en cause par l'enquête qui a débuté en mars 2015.