Handicap. 400 enfants sans école en Côtes-d’Armor
En ce mois de rentrée des classes, le nombre d’enfants en situation de handicap sans école est encore beaucoup trop élevé. Il serait estimé à 400 en Côtes-d’Armor. Pour le président de l’Adapei-Nouelles, le droit à l’éducation pour tous n’est pas appliqué.
« Ce matin-là, jour de rentrée, le petit garçon handicapé avait préparé son cartable comme ses frères et sœurs et se réjouissait d’aller à l’école. Mais à la dernière minute, on a fait savoir à sa famille qu’il ne pourrait pas rejoindre l’institut, faute de place. L’enfant est resté dans sa chambre avec son cartable et sa déception ». Christian Vincent, président de l’Adapei-Nouelles, des Côtes-d’Armor raconte ce souvenir avec encore de l’émotion dans la voix.
En cette rentrée 2024, la situation ne s’est pas arrangée. On estime à 400, le nombre d’enfants en Côtes-d’Armor, en attente d’une place dans un institut médico-éducatif (IME) ou en Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile).
Parfois, ces enfants de 3 à 16 ans aux besoins spécifiques ne bénéficient que d’une ou deux heures de cours par semaine. « À 7 ans, quand on n’est pas scolarisé comme il se doit, on ajoute du sur-handicap », dénonce Christian Vincent.
Avec le slogan « #jaipasecole », le réseau national Unapei a lancé une nouvelle campagne de communication pour dénoncer le nombre d’élèves sans école. « Les droits à l’éducation de nos enfants sont bafoués », dit le président de l’Adapei.
Il évoque les 50 000 « solutions » pour les personnes en situation de handicap, promesse faite en 2023 par le président Macron. « Elles se sont déclinées en 100 solutions par département et nous n’avons obtenu que 8 places d’accueil de jour en IME ! » La seule reconnaissance à mettre en avant est sémantique. « Désormais nos enfants handicapés sont considérés comme des élèves ».
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Manque de locaux accessibles, manque de professionnel et d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), manque de place dans les établissements spécialisés, problème de transports, pas d’accompagnement pendant la pause méridienne… Les obstacles à la scolarisation sont nombreux.
« Le système se mord la queue »
Selon Christian Vincent, « le système se mord la queue » ! Car la maison départementale des personnes en situation de handicap (MDPH) délivre de plus en plus de notifications reconnaissant un handicap. Mais derrière ce droit, il n’y a pas d’accompagnement. « Je ne jette la pierre à personne, les familles font ce qu’elles peuvent, mais certains troubles des apprentissages ne devraient pas passer par la case MDPH ».