Lyon La MDPH pointée du doigt : « Tout est fait pour que vous soyez épuisé de réclamer vos droits »
Depuis quelques années, le quotidien d’Élise, polyhandicapée, s’apparente à une longue descente aux enfers. Elle met en cause notamment la MDPH, maison départementale des personnes handicapées.
Le Progrès a recueilli le témoignage d'Élise, Lyonnaise de 45 ans, plurihandicapée. Avec de faibles revenus, et un enfant à charge, elle doit faire face à de nombreuses difficultés dans son quotidien et tente tant bien que mal de garder la face.
Au-delà de ces difficultés, Élise mène un combat contre la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Rhône.
Selon elle, « la réglementation n’est pas respectée, ce qui aboutit à des refus d’aides légitimes ou à la sous-évaluation de mes besoins et des aides à octroyer. » Un problème qu’elle avait déjà rencontré lorsqu’elle vivait dans les Bouches-du-Rhône. Elle avait alors poursuivi en justice la MDPH du département, et obtenue gain de cause devant le tribunal. Elle a donc décidé de faire de même ici, à Lyon.
Pas assez d’aides
Incapable de marcher, fatiguée et atteinte par les douleurs provoquées par ses maladies, Élise bénéficie d’une aide à domicile au quotidien. Problème : elle n’a le droit qu’à deux heures d’aides par jour. « Au vu de mes besoins et des textes réglementaires, je devrais normalement en avoir huit », clame-t-elle. Une situation qu’elle n’accepte pas, ce qui l’a poussé à porter l’affaire sur le plan judiciaire.
« Tout est fait pour que vous soyez épuisé de réclamer vos droits avec la MDPH », ajoute Élise, qui a décidé de payer son aide à domicile de sa poche, pour obtenir un peu d’heures supplémentaires.
Contactée, la MDPH du Rhône affirme « qu’en 2023, le recours contentieux a représenté 0.07 % des demandes de recours des usagers. » Avant d’ajouter : « La MDPH du département est l’une des MDPH de France avec le plus faible taux de contentieux. »
Élise est atteinte de maladies incurables. Pour autant, ses droits ne lui ont été octroyés… que pour quatre ans. « Peut-être qu’elles vont disparaître comme par magie », ironise-t-elle.
De son côté, la MDPH du Rhône informe que « seuls certains droits dans certaines conditions peuvent bénéficier d’un droit sans limitation de durée. » Avant d’ajouter : « Il n’est donc pas possible d’allouer des droits sans limitation de durée dès lors que la pathologie n’est pas susceptible d’évolution. » L’organisme juge donc les maladies incurables d’Élise comme « susceptible d’évolution. »