"Je lui ai dit que j’avais 49 ans, il m’a fait comprendre que je n’étais pas la bonne personne" : un quart des seniors déclarent subir des discriminations au travail
Dans son baromètre, la Défenseure des droits alerte sur les discriminations subies par les seniors sur le marché du travail.
Mis sur la touche, trop vieux pour le poste mais trop jeunes pour partir à la retraite… Entre discriminations et stéréotypes, la vie professionnelle de nos seniors est loin d’être un jeu d’enfants. D’après le dernier baromètre de la Défenseure des droits, publié ce mercredi 4 décembre, un actif de plus de 50 ans sur deux aurait connu des relations de travail dévalorisantes au cours de ces cinq dernières années.
Un phénomène cumulatif, car en plus de l’âgisme au travail, les seniors perçus comme non-blancs déclarent plus avoir vécu des discriminations dans l’emploi (43 %), de même que ceux déclarant une mauvaise santé (32 %) ou une situation économique précaire (30 %).
Deux fois moins de chance d’être embauché
De quoi sera fait le lendemain ? Chez les seniors, l’inquiétude règne. Malgré un taux d’emploi en hausse ces dernières années chez cette tranche d’âge, un senior sur cinq déclare travailler avec la peur de perdre son travail ; les actifs du privé davantage que ceux du public. Et pour cause : la probabilité d’embauche des personnes de 50 ans ou plus est deux fois inférieure à celle des 30-49 ans et seul un tiers des demandeurs d’emploi de 50 ans et plus retrouvent un poste.
Les seniors sont davantage exposés à l’usure professionnelle. En 2019, 37 % des salariés estimaient que leur travail n’était pas tenable jusqu’à l’âge de la retraite.
Par ailleurs, "la question du maintien et des conditions d’emploi des seniors se pose avec plus d’acuité encore depuis la réforme des retraites de 2023". En cause : la très décriée réforme des retraites, portée par le gouvernement d’Elisabeth Borne, qui doit porter l’âge de départ des retraites à 64 ans (contre 62 ans auparavant).
Les préjugés ont la dent dure
Les discriminations subies par les seniors s’expliquent en partie par des "préjugés âgistes", indique le baromètre. Près d’un actif sur deux considère ainsi que les seniors sont dépassés par les nouvelles technologies, 4 actifs sur 10 que les seniors ont une santé fragile et sont plus difficile à intégrer au sein d’équipe plus jeunes, un tiers évoque le coût élevé des seniors pour les entreprises et le fait que ces derniers manquent de dynamisme. Ces préjugés sont principalement véhiculés par les actifs les plus jeunes.
Pour améliorer les conditions d’emploi des seniors, la Défenseure des droits formule plusieurs recommandations comme des campagnes de sensibilisation sur les discriminations, des dispositifs pour les signaler ou encore une meilleure anticipation des fins de carrière.
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