Il prostituait deux jeunes filles de 13 et 14 ans de l’aide sociale à l’enfance à Nîmes et Montpellier : il est condamné à trois ans de prison
Le mis en cause jugé ce mardi 3 décembre au tribunal correctionnel de Nîmes espérait la relaxe. Il a nié les faits qui lui étaient reprochés jusqu'à l’issue de son procès.
Debout dans le box des prévenus ce mardi 3 décembre, Nassim dit "Bivo" réfute l’ensemble des faits dont on l’accuse.
En détention provisoire depuis plus de deux ans, ce Nîmois de 19 ans doit répondre de "proxénétisme aggravé". Des faits survenus en juillet 2022 - à Nîmes et Montpellier - sur deux mineures de 13 et 14 ans placées auprès de l’aide sociale à l’enfance dans un foyer à Nîmes et dont une était à l’époque sa "petite amie".
Un soir de juillet, derrière la gare, ces très jeunes filles avaient embarqué en voiture direction Montpellier à l’occasion d’une énième fugue, aux côtés de Bivo et un proche. Un trentenaire actuellement incarcéré et ayant refusé son extraction pour cette audience, bien que poursuivi, lui aussi, pour ces faits de proxénétisme sur mineures.
Ainsi qu’elles l’ont par la suite assuré à la police, ces jeunes filles auraient été ce soir-là conduites dans un hôtel Campanile, où Bivo les aurait contraintes à se laisser prendre en photo en sous-vêtements, maquillées et dans des poses suggestives.
Des clichés qui se seraient dans la foulée retrouvés sur le site web Sex Models sur lequel la plus âgée, de 14 ans, a fait savoir que son petit ami la contraignait à la prostitution "depuis deux mois au moins".
"Elle se prostituait ? C’était sa vie privée !"
Durant l’audience, Bivo réfute la qualification de proxénète. Et reconnait sérieusement avoir effectivement réservé une chambre dans un hôtel de Montpellier pour lui et ses amis le 13 juillet 2022. Afin d’y séjourner ce soir-là, '' pour assister le lendemain au feu d’artifice ! ".
" Lors de la perquisition de votre domicile, on a retrouvé dans votre lit là aussi une mineure de l’aide sociale à l’enfance, cette fois-ci âgée de 16 ans. Elle se prostituait, elle aussi !", note le président du tribunal. "J’en savais rien, c’était sa vie privée !" rétorque Bivo du tac-au-tac.
Agité, l’intéressé affirme avoir dans cette affaire été victime d’une vengeance après une dispute. Mais aussi que les trois personnes interrogées dans le dossier mentent délibérément dans le seul et unique but de le faire tomber.
" Pourquoi vous êtes-vous enfermé à clé dans les wc à l’arrivée de la police ?", enchaine le président qui souligne que, lors de la perquisition du domicile de Bivo, une carte SIM (possiblement utilisée pour gérer les clients ?) manquait dans l’un de ses téléphones. "Il n’y a jamais eu de carte dans ce portable !", assure le mis en cause avant d’assener à ses juges : "c’est à vous d’apporter des preuves. On a pas à juger des gens sur de simples paroles !".
Cinq ans requis
Dans ses réquisitions, le procureur Vasserot a requis cinq ans de prison ferme dont un assorti d’un sursis probatoire. ''Au vu de la gravité des faits, dont la matérialité ne fait aucun doute !", insiste le magistrat probablement convaincu à la fois par les déclarations concordantes du coprévenu et des victimes, l’activité de prostitution materiellement établie de ces jeunes filles mineures, ou encore, par l'aquittement de la facture de l'hôtel par Bivo en personne.
Si son avocat a plaidé la relaxe, le prévenu déjà connu de la justice pour "agression sexuelle sur personne vulnérable", a été condamné en fin d'après-midi à trois ans de prison ferme.
Reconduit à la maison d’arrêt aussitôt son procès terminé, il a dix jours pour faire appel de cette décision.


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