Le prix Albert-Londres 2024 remis à Lorraine de Foucher pour son travail sur les violences sexistes et sexuelles

La journaliste du “Monde” a reçu le 86ᵉ prix de la presse écrite pour ses reportages, notamment celui qui a révélé les viols de Mazan. Le 40ᵉ prix de l’audiovisuel et le 8ᵉ prix du livre ont également été décernés ce mercredi.

Les jurés du prix Albert-Londres ont salué « la haute couture de l’écriture » que pratique Lorraine de Foucher.

Les jurés du prix Albert-Londres ont salué « la haute couture de l’écriture » que pratique Lorraine de Foucher. Photo Hannah Assouline/opale.photo

Par Emmanuelle Skyvington

Publié le 04 décembre 2024 à 20h46

Le jury du prix Albert-Londres, le plus prestigieux des prix de journalisme francophone, s’est réuni à Paris au centre Georges-Pompidou – et non à Beyrouth comme cela était initialement prévu, en raison de l’actualité – pour décerner trois prix aux lauréats dans les catégories presse, audiovisuel et livre.

C’est notre consœur du Monde [titre issu du groupe auquel Télérama appartient] Lorraine de Foucher qui reçoit le 86ᵉ prix de la presse écrite pour ses reportages sur les viols de Mazan, sur les femmes migrantes victimes de viols, sur les jeunes filles exploitées sexuellement à Perpignan et sur les adolescents tueurs à gages. Des articles tous parus dans Le Monde entre juin 2023 et aujourd’hui. Une fois n’est pas coutume, les jurés saluent « la haute couture de l’écriture » que pratique la journaliste, qui suit depuis longtemps la thématique des violences faites aux femmes. Dès 2020, nous avions salué à Télérama son travail de réalisatrice avec l’exceptionnel documentaire Féminicides, diffusé sur France Télévisions. Au sein d’une cellule d’investigation, Lorraine de Foucher avait enquêté, durant des mois, sur les cent vingt et une femmes ayant subi en 2018 un déferlement de violence avant d’être massacrées par leur partenaire ou conjoint.

Le 40ᵉ prix audiovisuel revient au tandem Antoine Védeilhé-Germain Baslé pour son reportage Philippines : les petits forçats de l’or diffusé sur Arte. Ce film de trente-six minutes suit le travail des enfants dans les réserves d’or aux Philippines. Des familles demandent aux enfants de petit gabarit de creuser une boue épaisse. Ils plongent ensuite dans la vase durant des heures, alimentés en oxygène par un simple tuyau via un compresseur d’air, pour tenter de collecter des particules d’or. Avec, au ventre, la peur d’être enseveli et de mourir dans la boue. Un sujet aussi poignant que révoltant. Installés en Inde, les deux journalistes, à la fois réalisateurs et chefs opérateurs free-lance, travaillent pour Arte, France TV, la BBC…

Enfin, le 8ᵉ prix du livre revient à Martin Untersinger, journaliste au Monde, pour son enquête Espionner, mentir, détruire (éd. Grasset). Il signe selon le jury une « enquête vivante, limpide et originale » autour des effets des cyberattaques sur les conflits actuels et à venir.

Selon la tradition, ce sont les gagnants de l’année 2023 (Wilson Fache, Hélène Lam Trong et Nicolas Legendre) qui ont remis ces récompenses aux nouveaux lauréats.

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