Des niveaux d’oxygène «inquiétants»
La bonne oxygénation du Léman est également en péril. En 2023, souligne la CIPEL, le brassage hivernal du lac n’a pas pu se réaliser entièrement pour la onzième année consécutive. Un brassage complet est pourtant essentiel pour alimenter en oxygène les zones profondes et redistribuer les nutriments dans la colonne d’eau.
Cette situation, exacerbée par des températures hivernales élevées, a conduit à des niveaux d’oxygène «inquiétants» dans les zones profondes du lac, écrit la CIPEL. Dans ces endroits retirés, les concentrations d’oxygène s’avèrent «bien en dessous» du seuil de qualité fixé par l’Ordonnance sur la protection des eaux suisses.
Moins de micropolluants
La CIPEL note, par ailleurs, «la vulnérabilité croissante de l’écosystème du Léman face au changement climatique». Les cycles de reproduction du corégone (aussi appelé féra) et de la perche présentent des variations saisonnières directement liées aux températures élevées de l’eau. Les populations de zooplanctons poursuivent, elles, leur déclin.
Concernant les micropolluants, leurs concentrations dans les eaux du Léman tendent à baisser «grâce à des efforts combinés dans les secteurs agricoles et de traitement des eaux usées». La pollution plastique demeure toutefois un problème, avec des concentrations élevées, principalement composées de fibres synthétiques.
Face au changement climatique, le Léman constitue une ressource stratégique essentielle, rappelle la CIPEL. Selon la commission, «une action concertée» de tous les acteurs concernés est nécessaire pour garantir la qualité des eaux du lac et «la résilience de son écosystème».