Écrivain, auteur notamment de « L’islamisme ou la crucifixion de l’Occident » (éditions Frantz Fanon), Kamel Bencheikh dénonce l'injuste dont est victime Boualem Sansal, emprisonné en Algérie.
Aujourd’hui, la liberté d’un homme est entravée. Boualem Sansal, écrivain, penseur, et citoyen du monde, est retenu contre son gré dans les geôles algériennes. Son seul crime ? Avoir osé penser librement. Avoir osé écrire la vérité, une vérité qui dérange. Mais que peuvent les barreaux face à l’envol des idées ? Que peut l’ombre contre la lumière d’un esprit qui résiste ?
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Mais si les barreaux d’une prison peuvent enfermer son corps, ils ne pourront jamais réduire au silence son esprit ni éteindre ce qu’il incarne. Boualem Sansal n’est pas seulement un homme : il est un souffle, une flamme, un écho qui transcende les murs.
Un écrivain de vérité
Boualem Sansal a fait de sa plume une épée de lumière, fendant les ombres de l’oubli et de l’injustice. Il a écrit sur les blessures à vif de l’Algérie, sur ses plaies et ses espérances, avec une clarté presque insoutenable. Ses mots, aiguisés par le courage et trempés dans la douleur, n’ont jamais fui l’oppression, les fanatismes, ni les dérives autoritaires. Ils ont éclairé, dérangé, réveillé. Et c’est précisément ce courage qui est devenu une menace pour un régime qui se nourrit du silence et de la peur.
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En l’emprisonnant, les autorités algériennes ne s’attaquent pas seulement à un écrivain, mais à ce qu’il symbolise : la liberté de penser, d’interroger le monde et de rêver d’un avenir plus juste. Mais cette clarté, insupportable pour les régimes qui prospèrent dans le silence et la peur, est devenue une menace.
En le réduisant au silence, les autorités algériennes ne cherchent pas seulement à briser un homme : elles veulent étouffer une idée, celle que chaque mot peut être un acte de résistance, chaque phrase un pas vers la liberté. Car Boualem Sansal n’écrit pas seulement pour lui-même. Il est, pour beaucoup, un passeur d’espoir et un bâtisseur de ponts, portant en lui un idéal universel.
Un combat collectif
L’injustice que subit Boualem Sansal dépasse sa personne. Elle est le symptôme d’un mal plus vaste, celui d’un monde où la vérité devient un luxe et où les mots inquiètent plus que les armes. Son combat est celui de tous ceux qui croient en la liberté d’expression, ce droit fondamental que les régimes autoritaires tentent de bâillonner.
Alors, que faire face à cette injustice ? Faire du bruit. Faire résonner son nom partout, dans les médias, dans les institutions et dans les rues. Refuser l’indifférence et le silence, car c’est dans le silence que prospère l’injustice. Boualem Sansal n’a jamais cessé de croire en l’Algérie, en sa capacité à se relever et à devenir une terre de liberté, où chacun peut écrire, dire et penser sans crainte. Si lui y croit encore, comment ne pas l’accompagner dans ce combat ?
Un appel à la mobilisation
En agissant pour la libération de Boualem Sansal, nous affirmons bien plus qu’un soutien à un intellectuel. Nous défendons un principe fondamental : le droit de rêver, de critiquer et d’espérer. Nous adressons un message clair aux oppresseurs : vous pouvez emprisonner un homme, mais vous ne ferez pas taire ses idées.
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Aujourd’hui, Boualem Sansal a besoin de notre voix. La sienne est celle de tous ceux qui, à travers le monde, luttent contre l’injustice. Ce combat, c’est celui de l’humanité tout entière. Et il ne peut plus attendre. Boualem Sansal n’est pas seul. Son combat est le nôtre.