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Islamisme, ingérences étrangères… La patronne de la DGSI tire la sonnette d’alarme

La directrice générale de la Sécurité intérieure, Céline Berthon, a évoqué dans les colonnes du « Point » les conséquences en France du conflit israélo-palestinien et les ingérences étrangères, en particulier lors des Jeux olympiques de Paris 2024.

Marianne Lecach
La patronne de la DGSI, Céline Berthon.
La patronne de la DGSI, Céline Berthon. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Céline Berthon fait le tour des enjeux sécuritaires de la France auprès du Point. Alors qu’une trêve entre Tsahal et le Hamas est entrée en vigueur dimanche dernier à Gaza, la patronne de la DGSI est revenue sur le conflit israélo-palestinien et ses répercussions dans l’Hexagone dans une interview accordée à l’hebdomadaire.

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La directrice générale de la Sécurité intérieure a ainsi expliqué que le sujet demeure un « point d’attention de la DGSI ». Si le Hamas « ne réussit à séduire sur notre sol que marginalement », le « soutien massif » aux Palestiniens et l’« instrumentalisation du conflit par des organisations djihadistes » ont mené à des « ressorts antisémites puissants », développe-t-elle.

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Des projets d’attentats déjoués en France

« Ce conflit alimente aussi les fantasmes sur la prétendue islamophobie d’État et les discours estimant que les musulmans ne peuvent pas vivre librement leur religion en France », a encore confié Céline Berthon au Point. Pour elle, il s’agit d’une façon de motiver « la haine de notre pays et de ses valeurs ». La cheffe de la DGSI a d’ailleurs indiqué que « plusieurs projets d’attentats » contre la communauté juive avaient été déjoués dans l’Hexagone ces derniers mois.

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La sécurité intérieure place aussi la « menace portée par l’État islamique au Khorassan en tête de [ses] priorités ». L’organisation, implantée en Afghanistan et au Pakistan, s’appuie particulièrement sur « des ressortissants originaires d’Asie centrale ou du Caucase implantés en Europe », qui seraient capables de « servir de relais pour faire passer à l’acte des individus installés en France ». De quoi « justifier une vigilance particulière sur cette communauté, sans la stigmatiser bien sûr », indique Céline Berthon. Avant de préciser : « Nous sommes aussi très attentifs à ce qui se passe au Sahel, et en particulier à la progression de l’État islamique en Afrique. »

La patronne de la DGSI a ensuite abordé l’éventuelle influence du nouveau pouvoir syrien en France : « La question centrale est d’évaluer si la nouvelle donne politique en Syrie va avoir des conséquences sécuritaires, et donc favoriser, ou au contraire réduire à néant, les cellules de l’État islamique encore actives sur ce territoire. »

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Selon elle, la sécurité intérieure française surveille en outre « le parcours des Français présents sur le sol syrien ». Certains ont été aperçus parmi les groupes rebelles ayant chassé Bachar el-Assad du pouvoir. « D’autres Français, environ 150, sont retenus dans des prisons ou des camps dans le Nord-Est syrien », a poursuivi Céline Berthon.

Espionnage et ingérences lors des JO de Paris

En plus du risque terroriste, les autorités avaient aussi anticipé les risques d’espionnage et d’ingérences étrangères lors des Jeux olympiques 2024 à Paris. Citant des tags antisémites ou le dépôt de cercueils au pied de la tour Eiffel, Céline Berthon a évoqué des « tentatives de déstabilisation pour alimenter un narratif défavorable à la France ».

Contre les cyberattaques, en particulier celles qui s’en prendraient aux infrastructures de transport ou de santé, la DGSI avait « conduit une campagne ambitieuse de sensibilisation des acteurs critiques des JO, publics comme privés ». Parmi les attaques évoquées, « toutes » se sont concrétisées : « Certaines visaient à tester nos capacités de riposte. D’autres étaient beaucoup plus agressives. » Tant de phénomènes qui amènent Céline Berthon à dresser un constat : d’après elle, « le niveau d’hostilité a franchi un cap » à l’international.

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