Pour avoir "caressé les fesses" de ses élèves, un professeur d'échecs de Sigean écope de deux ans de prison pour agressions sexuelles
Un habitant de Port-La Nouvelle de 69 ans vient d'être condamné à deux ans de prison pour agression sexuelle imposée à des mineures de 15 ans entre juillet 2018 et décembre 2019 à Sigean par le tribunal correctionnel Narbonne.
À l’époque des faits reprochés, ce professeur d’échecs habitait à Sigean. En décembre 2019, une mère, accompagnée de sa fille, déposait plainte contre cet intervenant au collège de Sigean. L’adolescente racontait qu’au cours d’une leçon au sein de l'établissement scolaire, l'homme avait caressé ses hanches, ses épaules et ses fesses en tenant des propos déplacés. C’est en entendant des élèves rapporter des faits similaires qu’elle avait tout raconté à sa mère. Parallèlement, la direction départementale des services de l’éducation nationale adressait au procureur une fiche de signalement accompagné de deux témoignages. À partir de là, plusieurs jeunes filles se sont présentées avec leurs parents à la gendarmerie pour déposer plainte pour des faits similaires. Au total, onze personnes se sont constituées parties civiles, pour sept victimes, âgées de 8 à 14 ans.
"Une situation gardée secrète par peur de se faire gronder"
Denis G., résidant à Sigean, présidait l’association Les Hippocampes et initiait les enfants aux échecs, intervenant au collège et à l’école primaire de Sigean dans le cadre d’activités extrascolaires. Lors des auditions, les enfants décrivent "mettre la chaise à l’envers par rapport à la table, puis se mettre à genoux et se pencher sur la table pour jouer". Elles parlent du professeur se plaçant derrière elles pour les aider et évoquent des "caresses sur les épaules descendant sur les fesses" qui duraient, pour certaines filles, depuis plus d’un an, "une situation gardée secrète par peur de se faire gronder". Lors des auditions "Mélanie" (salle prévue pour libérer la parole des enfants encadrées par des professionnels), une enfant a même dessiné un monstre prenant une fille par les épaules derrière elle.
L’exploitation du matériel informatique récupéré lors de la perquisition menée au domicile n’a pas permis de saisir des fichiers liés à l’infraction reprochée. En revanche, un examen approfondi a prouvé l’effacement complet des données. Les allégations sont niées par l’intéressé qui, au cours de sa garde à vue, assure tomber de haut face aux infractions reprochées. Il se contente de parler de "contact, pas de caresses". Selon lui, il s’agit d’affabulations. Il affirme que "la position de la chaise retournée est une invention des enfants" et parle d' "un effet de groupe". Pour lui, "toucher les fesses, c’était pour les faire rasseoir, ce n’était pas un geste sexuel".
Après l’information judiciaire ouverte à l’encontre du professeur d’échecs, ce dernier réitère ses réfutations devant le magistrat instructeur. Mais au fil des auditions, il finit par reconnaître les agressions sexuelles sur les filles de l’association, pas les faits survenus au collège.
Lors de l’audience du 10 janvier dernier, Denis G a été condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire pendant 3 ans, interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs et, à titre de peine complémentaire, cinq ans de privation du droit d'éligibilité.


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