
FAITS DIVERS - Quand le logiciel de vie scolaire permet d’éviter le pire. Connu et (parfois) redouté par les collégiens et lycéens, le logiciel Pronote a joué un rôle majeur dans une affaire de violences conjugales qui s’est déroulée dans le Doubs.
Comme le raconte France 3 ce lundi 27 janvier, c’est dans la commune d’Audincourt qu’une famille a pu se sortir d’une situation violente et dangereuse, provoquée par le père. Les faits ont eu lieu le samedi 25 janvier, dans un appartement où vivent trois enfants, âgés entre 4 et 13 ans.
C’est là que le père aurait lâché toute sa colère sur sa femme, qu’il soupçonnait d’avoir une autre relation amoureuse. « Cette femme a été rouée de coups. Elle en porte les stigmates sur son corps », a témoigné ce mardi sur BFMTV le procureur de la République de Montbéliard Paul-Édouard Lallois.
« Ma mère est en train de se faire démonter »
Le père, âgé d’une quarantaine d’années et légèrement alcoolisé, frappe sa femme de coups de pied et de poing, comme le précise BFMTV. Face à leur mère, battue et recroquevillée au sol, l’un des enfants décide alors de réagir.
Mais comment faire à seulement 13 ans, et sans éveiller les soupçons du père ? Le plus âgé de la fratrie décide d’utiliser la messagerie scolaire Pronote, qui permet de consulter les notes d’élèves, les emplois du temps, mais aussi d’échanger entre parents, professeurs, élèves et vie scolaire. Une dernière option mise à contribution par le jeune adolescent pour appeler au secours.
« Ma mère est en train de se faire démonter par mon père », a-t-il écrit et envoyé à l’un de ses camardes. Ce dernier voit le message et a la brillante idée d’alerter la cheffe de l’établissement scolaire. Qui, bien qu’en week-end, prévient tout de suite la police. « Heureusement que cette responsable de collège a été réactive, en plein samedi après-midi », a d’ailleurs souligné le procureur de la République.
Le père jugé ce mardi en comparution immédiate
Le temps que le message d’alerte du garçon remonte jusqu’aux autorités, il avait eu le courage d’appeler lui-même le 18 pour tenter de sauver sa mère. Prévenus suffisamment tôt, les pompiers arriveront sur place avant les policiers. L’occasion de constater les blessures de la maman après l’avoir prise en charge en urgence : blessure à la mâchoire, blessure au thorax. Sans oublier trois enfants affectés par les scènes dont ils ont été témoins ; ils ont d’ailleurs obtenu un suivi pédopsychiatrique.
Le père, arrêté par la police, a été placé en garde à vue avant d’être présenté lundi matin à un juge pour « violences sur conjointe » avec « interruption temporaire de travail inférieure à 8 jours » et en présence de trois mineurs. Même si la victime n’a pas porté plainte, il sera jugé ce mardi en comparution immédiate, a précisé le procureur sur BFMTV. Il risque cinq ans d’emprisonnement.
Selon BFMTV, le père qui partage sa vie depuis une quinzaine d’années avec sa femme a exprimé des regrets face aux enquêteurs. « Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je regrette », a-t-il notamment avancé pour expliquer les coups portés sur sa conjointe. Évoquant une « famille ordinaire », le procureur de Montbéliard a profité du fait que le père était inconnu des services de police pour rappeler que « les violences conjugales touchent malheureusement tous les milieux sociaux ».
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