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Un juge empêche Elon Musk d’accéder au système de paiements du Trésor américain

Cet ordre temporaire, en vigueur jusqu’à une audience prévue le 14 février, constitue un nouvel obstacle judiciaire aux réformes lancées par le président Donald Trump

Agrandir l'image Elon Musk prononce un discours lors de l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2025, à Washington.  — © Matt Rourke / keystone-sda.ch
Elon Musk prononce un discours lors de l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2025, à Washington. — © Matt Rourke / keystone-sda.ch

Un juge fédéral des Etats-Unis a bloqué samedi l’accès au système de paiements du Trésor américain par la commission à l’efficacité gouvernementale (Doge) confiée à Elon Musk.

Dans une ordonnance de référé, le juge Paul A. Engelmayer a interdit l’accès aux données stockées au Trésor américain à toutes les personnes nommées par le pouvoir politique, «tous les agents spéciaux du gouvernement» ainsi que «tous les employés gouvernementaux détachés par une agence extérieure au Trésor».

Cet ordre temporaire, en vigueur jusqu’à une audience prévue le 14 février, stipule également que toute personne ayant accédé aux données des archives du ministère des Finances depuis l’investiture de Donald Trump le 20 janvier doit «détruire immédiatement toutes les copies du matériel téléchargé».

«La plus grande menace interne»

Des collaborateurs d’Elon Musk, nommé par Donald Trump à la tête du Doge, avaient pris il y a quelques jours le contrôle du système de paiements du Trésor américain, une mesure dénoncée par les élus démocrates comme étant «extrêmement dangereuse».

«La seule façon d’arrêter la fraude et le gaspillage de l’argent des contribuables est de pouvoir suivre les flux de paiement et de bloquer les transactions suspectes pour les examiner», avait alors justifié Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX, dans un message posté sur son réseau social X.

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L’affaire avait été portée devant la justice par les procureurs de 19 Etats américains, estimant que l’administration Trump avait violé la loi en élargissant l’accès aux données sensibles du Trésor aux membres du personnel du Doge, commission chargée par le président de réduire les dépenses publiques.

Ces Etats «subiraient un préjudice irréparable en l’absence de mesures injonctives», a estimé le juge Engelmayer dans son ordonnance. «C’est dû à la fois au risque que présente la nouvelle politique de divulgation d’informations sensibles et confidentielles ainsi qu’au risque accru que les systèmes en question soient plus vulnérables qu’auparavant aux piratages», a-t-il écrit.

Cette prise de contrôle du système des paiements du Trésor par l’homme le plus riche du monde avait aussi vivement contestée par des syndicats et des groupes de défense des droits humains.

Selon une note interne du Trésor américain, l’accès de l’équipe du Doge aux systèmes de paiement fédéraux constitue «la plus grande menace interne à laquelle le bureau du service fiscal ait jamais été confronté», ont rapporté des médias américains.

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USAID dans la ligne de mire

Vendredi, le président américain a réclamé la suppression pure et simple de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), qui apporte son soutien à des millions de personnes dans le monde. La grande agence humanitaire du gouvernement américain va voir ses effectifs passer de quelque 10 000 salariés à moins de 300, selon le New York Times.

Ce quasi-démantèlement, effectué sous l’impulsion d’Elon Musk, représente «l’une des pires et plus coûteuses bourdes de politique étrangère de l’histoire américaine», d’après l’ancienne patronne de USAID, Samantha Power. Saisi par un syndicat représentant des fonctionnaires de l’USAID, un juge fédéral a cependant annoncé vendredi qu’il allait suspendre la décision de l’administration Trump de placer une partie des employés en congé administratif.

L’agence humanitaire américaine intervient dans quelque 120 pays, y compris les plus pauvres du monde. Donald Trump estime qu'«il faut la supprimer!», comme il l’a écrit – en majuscules – sur son réseau Truth Social. «La corruption» chez USAID «est à des niveaux jamais vus», a-t-il assuré, sans étayer son propos. «Oui, M. le président!» a réagi sur son réseau social X Elon Musk. L’homme le plus riche du monde avait déjà affirmé qu’USAID était un «nid de vipères de marxistes (…) qui détestent l’Amérique».

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