Dans une interview, le président ukrainien a déclaré que si Trump parvenait à amener l'Ukraine et la Russie à la table des négociations, il prévoyait d'offrir à Moscou un échange de territoires pur et simple, en renonçant aux terres que Kyiv détient dans la région russe de Koursk.
« Nous échangerons un territoire contre un autre », a suggéré Volodymyr Zelensky dans un entretien avec The Guardian : la Russie devrait se retirer des territoires ukrainiennes occupées si elle veut récupérer sa région, prise par les troupes ukrainiennes lors d'une incursion étonnamment efficace et brutalement humiliante pour le Kremlin il y a six mois.
Le leader ukrainien a toutefois ajouté qu'il ne savait pas quelle partie du territoire occupé par la Russie l'Ukraine demanderait en échange. « Je ne sais pas, nous verrons. Mais tous nos territoires sont importants, il n'y a pas de priorité », a-t-il déclaré.
Moscou, jamais inclinée à négocier avec son voisin sur les terres duquel elle a lancé son incursion il y a presque trois ans, a rejeté purement et simplement quelconque "marchandage" sur ses territoires.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, s'est fendue d'une tirade accusatrice envers "les néonazis qui opèrent" dans la région de Koursk, en leur promettant un seul lopin... six pieds sous terre.
La Douma (chambre basse du Parlement russe) a réagi encore plus vivement en citant un livre bien aimé et connu des Russes, "Les douze chaises" d'Ilf et Petrov : "Le marchandage n'est pas de mise ici".
L'ancien président russe, actuellement vice-président du (plutôt cérémonial) Conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, qui s'est fait connaître ces dernières années par les diatribes au vitriol, a également dégainé sa sulfateuse, en qualifiant la proposition de Zelensky de "galimatias".
Zelensky : L'Europe ne peut pas garantir la sécurité de l'Ukraine sans l'Amérique
Selon le président ukrainien, il est prêt à négocier avec la Russie, mais il souhaite que Kyiv aborde ces négociations en position de force. Lors de l'entretien, M. Zelensky a déclaré qu'il proposerait aux entreprises américaines des contrats de reconstruction et des incitations à l'investissement. De cette manière, selon les médias, il tentera de faire basculer le président américain Donald Trump de son côté, qui souhaite faire asseoir les parties à la table des négociations et mettre fin à la guerre.
Zelensky a également critiqué la proposition selon laquelle seuls les pays européens devraient fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine. « Des voix s'élèvent pour dire que l'Europe pourrait offrir des garanties de sécurité sans les Américains, et je dis toujours non », a déclaré le président ukrainien lors d'un entretien d'une heure avec le média britannique dans les locaux de l'administration présidentielle à Kyiv. « Les garanties de sécurité sans l'Amérique ne sont pas de vraies garanties de sécurité », a-t-il ajouté.
Selon Zelensky, il est crucial pour la sécurité de l'Ukraine que le soutien militaire américain se poursuive, citant l'exemple des systèmes de défense aérienne Patriot fabriqués aux États-Unis. « Seuls les Patriot peuvent nous défendre contre tous les types de missiles. Il y a d'autres systèmes [européens] ... mais ils ne peuvent pas fournir une protection complète ... Donc, même à partir de ce petit exemple, vous pouvez voir que sans l'Amérique, les garanties de sécurité ne peuvent pas être complètes », a-t-il déclaré.
En même temps, sur ces réseaux sociaux, le président ukrainien s'est demandé, concernant la présence éventuelle des troupes européennes du maintien de la paix en Ukraine : « Peut-être que l'armée, la présence et la sécurité de l'Europe ne devraient pas être discutées avec Poutine ? Peut-être est-ce l'affaire de l'Europe ? Tout comme la défense des États-Unis est l'affaire des États-Unis ».
« Poutine n'a jamais rien demandé, il a juste envahi notre territoire », a-t-il poursuivi. « Alors pourquoi les gens dont le continent est en guerre aujourd'hui devraient-ils lui demander quelque chose ? Peut-être devrions-nous cesser ces conversations infantiles ? Nos garanties de sécurité sont les nôtres. L'Europe doit se défendre parce qu'elle est l'Europe. Et les Russes sont des Russes. Ils doivent être remis à leur place ».