C’est une affaire qui secoue la sphère de l’éducation et de la religion. L’institut Notre-Dame-de-Bétharram, établissement privé situé dans le Béarn est au cœur d’une vague médiatique sans précédent après l’ouverture d’une information judiciaire pour viols et agressions sexuelles. Après la garde à vue de trois hommes, un surveillant a été mis en examen, ce vendredi 21 février 2025, dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire. Mais deux des trois hommes entendus par la justice dans le cadre de l’affaire Bétharram ont été relâchés.
La raison ? Un délai de prescription qui concerne les faits de violences sexuelles pour lesquels plusieurs plaintes ont été déposées à l’encontre de ces anciens surveillants du collège catholique. Une situation qui suscite la vive colère des plaignants. Ce dimanche 23 février 2024, Patrice Pauly, le premier à avoir déposé une plainte contre le personnel de Bétharram a partagé un vif sentiment d’injustice auprès de nos confrères de France Info.
Affaire Bétharram : “On voyait un peu le bout du tunnel”
La colère est d’autant plus grande pour cet ancien élève de Notre-Dame-de-Bétharram, qui a d’abord ressenti une lueur d’espoir en voyant que l’institution était au cœur d’une tempête médiatique. "On voyait un peu le bout du tunnel quand on a vu qu'enfin, ils étaient mis à la lumière”, avoue-t-il. Mais rapidement, l’espoir tourne à la désillusion.
“Et aujourd'hui ils sortent tranquille. C'est juste pas possible. C'est insoutenable”, confie Patrice Pauly à France Info. Comme le précisent nos confrères, Patrice Pauly figurait parmi les premiers élèves à avoir déposé plainte contre le personnel de l’institut Notre-Dame-de-Bétharram, pour des faits présumés de violences sexuelles qui se seraient produits en 1987 et 1988. Une date considérée comme trop ancienne pour être jugée aujourd’hui.
Affaire Bétharram : “On a été détruit une première fois”
La libération de deux des trois hommes est un coup dur pour cet ancien élève. “On a été détruit une première fois, aujourd’hui c’est une deuxième destruction”, poursuit-il. Malgré l’allongement des délais de prescription dans les affaires de violences sexuelles sur mineur, le cas de Patrice Pauly n’est toujours pas pris en compte par la justice.
Pour rappel, le délai de prescription dans ce type d’affaires s’établit sur 20 ans à partir de la majorité de la victime pour des faits de violences sexuelles, et 30 ans pour un viol. Le seul espoir pour cette victime présumée de l’affaire Bétharram est le délai glissant. Depuis 2021, cette règle offre la possibilité à la justice de retarder le délai de description à la date du dernier crime commis dans le cas d’un violeur en série.