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Selon les enfants du couple, Peter et Barbie Reynolds, responsable d’une organisation caritative en Afghanistan, ont été arrêtés le 1er février. Leurs proches sont depuis sans nouvelle et leur inquiétude est grande.
« Ma mère a 75 ans et mon père presque 80 ans et [il] a besoin de ses médicaments pour le cœur après un mini AVC. » C’est un cri du cœur et un appel à l’aide que les quatre enfants de Peter et Barbie Reynolds lancent dans la presse anglo-saxonne ce lundi 24 février. Ce couple de Britannique a été arrêté à Nayac, dans la province de Bamiyan, en Afghanistan, le 1er février, et cela fait maintenant 18 jours que leurs proches sont sans nouvelle, faisant naître un véritable sentiment d’angoisse chez eux.
Peter Reynolds, 79 ans, et Barbie Reynolds, 75 ans, se sont rencontrés à l’Université de Bath et se sont mariés à Kaboul en 1970. Depuis 2009, le couple, qui a obtenu la nationalité afghane, dirige l’organisation Rebuild, qui propose des programmes d’éducation et de formations, notamment destinés aux mères et aux enfants. Une initiative qui aurait été, selon les enfants du couple, « approuvée par les autorités locales », et ce, malgré l’interdiction par les talibans du travail des femmes et de l’éducation des filles de plus de 12 ans.
En 2021, après le retour au pouvoir des Talibans, le couple avait d’ailleurs insisté, contrairement à de nombreux Occidentaux, pour rester sur place. « Ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas partir alors que les Afghans étaient dans le besoin », a déclaré leur fille au « Sunday Times ». Insistant : « Ils ont été méticuleux quant au respect des règles même si elles changeaient constamment ». Barbie Reynolds serait même devenue la première femme à recevoir un « certificat d’appréciation » des Talibans.
Selon leurs enfants, Peter et Barbie Reynolds ont été arrêtés chez eux, dans la province de Bamiyan, le 1er février, avec leur amie américaine Faye Hall, avec qui ils s’apprêtaient à partir à Kaboul, et un traducteur de leur entreprise. Les premiers jours, ils ont pu échanger avec leurs enfants par SMS, mais les échanges se sont rapidement interrompus. « Cela fait plus de deux semaines que les messages ont cessé et qu’ils ont été placés en détention, déplore leur fille Sarah Entwistle. Nous aimerions que les Talibans les libèrent pour qu’ils puissent retourner chez eux et continuer leur travail. »
Nous demandons la libération de notre père et de notre mère afin qu’ils puissent reprendre leur travail d’enseignement, de formation et de service en Afghanistan, que vous avez précédemment soutenu.
« Ma mère a 75 ans et mon père presque 80 ans et [il] a besoin de ses médicaments pour le cœur après un mini-AVC », a également insisté sa fille dans le « Times », et ce, alors qu’un employé de Rebuild a déclaré à l’Associated Press que Peter Reynolds s’était vu refuser l’accès à des médicaments pour le cœur et que son état n’était « pas bon ». « Ils essayaient simplement d’aider le pays qu’ils aimaient. L’idée qu’ils soient détenus parce qu’ils enseignaient à des mères ayant des enfants est scandaleuse. »
Les quatre enfants de Peter et Barbie Reynolds ont écrit une lettre au gouvernement afghan dans laquelle ils affirment : « Nous ne comprenons pas les raisons de leur arrestation. Nous reconnaissons qu’il y a eu des cas où les échanges ont été bénéfiques pour votre gouvernement et les pays occidentaux. Cependant, nos parents ont toujours exprimé leur engagement envers l’Afghanistan, affirmant qu’ils préféreraient sacrifier leur vie plutôt que de participer à des négociations de rançon ou d’être échangés. »
Selon la BBC, le ministère des Affaires étrangères britanniques est au courant de la détention de deux ressortissants britanniques en Afghanistan. Mais son aide est limitée par le fait que le Royaume-Uni ne reconnaît pas les talibans et n’a pas d’ambassade à Kaboul. Toujours d’après la radio anglaise, le couple serait accusé d’avoir « utilisé un avion sans en informer le siège de la police de Bamiyan ou les forces de sécurité aux frontières ». Le « Times » assure, lui, que la maison où vit le couple avec ses deux chiens a été perquisitionnée et ses employés interrogés pour savoir si le couple se livrait à du prosélytisme religieux, mais tous ont nié cette affirmation. « Ils ne sont certainement pas des missionnaires », insistent leurs enfants.
Quant aux enfants du couple, ils implorent dans leur lettre : « Nous demandons la libération de notre père et de notre mère afin qu’ils puissent reprendre leur travail d’enseignement, de formation et de service en Afghanistan, que vous avez précédemment soutenu ».