
Edouard de Boyve est l’un des principaux promoteurs de la coopération en France et le cofondateur de l’Alliance coopérative internationale qui voit le jour en 1895 à Londres. Il fut aussi administrateur de la Caisse d’Epargne de Nîmes, première des Caisses d’Epargne du Languedoc-Roussillon à ouvrir ses portes en 1828.
Rentier philanthrope, Edouard de Boyve se passionne très tôt pour la question sociale. Installé à Nîmes dont sa femme est originaire, il s’engage dans différentes œuvres de bienfaisance de la ville et entre autres comme administrateur à la Caisse d’Epargne.
Il milite parallèlement pour le développement du mouvement coopératif en France, lequel constitue à ses yeux l’instrument privilégié d’une plus grande solidarité et un moyen d’améliorer la condition matérielle des ouvriers. Dans cette optique, il fonde en 1883 l’Abeille nîmoise, coopérative de consommation dont il est pendant trente ans le trésorier. En 1884, il crée la Société d’économie populaire, lieu de débats et de réflexions, où se côtoient tous les milieux sociaux et professionnels : professeurs, ouvriers comme banquiers. En 1897, il permet également, grâce à son soutien financier, la création d’une imprimerie ouvrière, la Laborieuse.
Grâce à ces diverses réalisations, se met en place ce qu’on a appelé l’École de Nîmes, à laquelle Charles Gide, professeur à l’Université de Montpellier offre bientôt un fondement théorique. Le rayonnement de cette école contribue à la création de nombreuses coopératives, notamment dans le midi de la France. En 1885, Edouard de Boyve organise à Paris le premier congrès de toutes les coopératives françaises, qui donne naissance à l’Union coopérative. En 1886, représentant de ce nouvel organisme au congrès des coopératives anglaises à Plymouth, il y suggère la création de l’Alliance internationale (ACI) qui voit le jour en 1895 à Londres.
Edouard de Boyve défend par ailleurs, avec Eugène Rostand, président de la Caisse d’Epargne des Bouches-du-Rhône, l’essor du crédit populaire et milite avec lui pour que les fonds des Caisses d’Epargne puissent être redistribués au profit de l’économie locale et au financement d’actions sociales de proximité plus ambitieuses.