L'Italie condamnée à indemniser des migrants érythréens empêchés de débarquer sur ses côtes à l'été 2018

La Cour de cassation a condamné jeudi le gouvernement à verser une indemnisation mais a renvoyé à la Cour d'appel de Rome le calcul de son montant.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Des migrants érythréens secourus en Méditerranée à bord du "Diciotti", dans le port sicilien de Catane, le 23 août 2018. (GIOVANNI ISOLINO / AFP)
Des migrants érythréens secourus en Méditerranée à bord du "Diciotti", dans le port sicilien de Catane, le 23 août 2018. (GIOVANNI ISOLINO / AFP)

Pour la justice italienne, "l'obligation de secours en mer (...) est un devoir". La Cour de cassation a condamné le gouvernement italien, jeudi 6 mars, à indemniser des migrants qui avaient été empêchés pendant dix jours de débarquer sur la terre ferme. Les passagers Erythréens, secourus en Méditerranée, avaient été retenus sur le navire militaire Diciotti du 16 août 2018 au 25 août.

C'est la Cour d'appel de Rome qui devra calculer le montant de cette indemnisation. Mais les juges italiens ont considéré que "les conventions internationales auxquelles l'Italie a adhéré constituent une limite à la puissance législative de l'Etat". Ils ont estimé que  "l'obligation de secours en mer (...) prévaut" sur les mesures mises en place par le gouvernement pour "lutter contre l'immigration irrégulière".

Giorgia Meloni proteste

Giorgia Meloni, dont la majorité ultraconservatrice mène un combat contre les magistrats qu'elle accuse d'être "politisés" et de se substituer au législateur, a vivement réagi. "Le gouvernement devra indemniser, avec l'argent d'honnêtes citoyens italiens qui paient des impôts, des personnes ayant tenté d'entrer illégalement en Italie", a-t-elle dénoncé sur X.

Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Matteo Salvini, actuel numéro deux du gouvernement, a été acquitté en décembre dans un procès portant sur une affaire semblable dans laquelle il était accusé de séquestration de migrants en mer en 2019, quand il était encore ministre de l'Intérieur. "C'est absurde. Que ces juges payent de leur poche s'ils aiment tant les clandestins", a commenté La Ligue, son parti anti-immigration.

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