Depuis au moins un an, les visages de plusieurs centaines de milliers de Français ont été illégalement soumis à un système de reconnaissance faciale, selon les informations et les constatations du Monde. Par son ampleur, il s’agit très vraisemblablement de l’usage le plus important en France – dans l’espace public – de cette technologie particulièrement sensible et décriée. Les personnes concernées ont participé, en tant que coureurs ou simples spectateurs, à des événements publics, principalement des courses à pied. Parmi elles figurent des milliers de mineurs.
Les organisateurs de ce genre de manifestations proposent fréquemment un service de photographie permettant aux participants d’obtenir, contre rémunération, les images prises par des photographes postés le long du parcours. Longtemps, les photographes ont associé manuellement le numéro de dossard du coureur à chaque photographie, permettant ainsi la récupération du cliché. Un processus long et coûteux. Avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA), il est devenu possible de reconnaître automatiquement le dossard. Mais PhotoRunning, l’une des principales entreprises du secteur, qui photographie des centaines de courses par an, s’est mise à la reconnaissance faciale.
Après la course, les sportifs peuvent soumettre une photo de leur visage sur le site de la société afin de se procurer toutes les photos de l’événement sur lesquelles ils apparaissent. Or, pour que cela fonctionne, tous les participants doivent être soumis à la reconnaissance faciale. Au total, quarante-huit événements photographiés par PhotoRunning ont utilisé cet outil au cours des douze derniers mois, d’après les observations du Monde.
Une technologie sensible et très encadrée
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