Près d’un enfant placé sur deux victime de violences sexuelles, selon l’Union pour l’enfance
Selon une étude publiée ce mercredi 2 avril par l’Union pour l’enfance, 46 % des jeunes interrogés ont été victimes de violences sexuelles ou présentent de « forts indicateurs » permettant de penser qu’ils l’ont probablement été. Des chiffres qui appellent « des actions concrètes », souhaite Thierry Rombout, directeur général de l’association.
Un chiffre terrifiant. Près d’un enfant placé à l’aide sociale à l’enfance (ASE) sur deux aurait été victime de violences sexuelles avant ou pendant son placement, selon une étude publiée ce mercredi 2 avril 2025 par l’Union pour l’enfance et relayée par l’AFP.
Sur les 381 jeunes interrogés par l’association de protection de l’enfance, 22 % ont été victimes de violences sexuelles et de « forts indicateurs » (comportements à risque, énurésie, agressivité, problème d’hygiène…) permettent de penser que 24 % l’ont probablement également été, soit un total de 46 % des jeunes.
Des résultats « bouleversants »
Dans le détail, 64 % des violences sexuelles ont été révélées après le placement, 39 % ont été le motif du placement et 18 % ont été subies pendant le placement. Un tiers des jeunes (32 %) présentent des « comportements sexuels problématiques » et 12 mineurs accueillis à l’Union pour l’enfance seraient en situation de prostitution, dont trois de manière avérée.
« Ce sont des résultats bouleversants » mais « pas forcément étonnants puisque la mission de la protection de l’enfance est d’accueillir les plus abîmés de nos enfants », a indiqué Thierry Rombout, directeur général de l’Union pour l’enfance lors de la présentation des résultats de l’étude à Paris. « Mais ce n’est pas une fatalité », a-t-il ajouté, appelant de ses vœux « des actions concrètes ».
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Développer les séjours de rupture
L’Union pour l’enfance émet une dizaine de recommandations, dont la clarification de l’obligation de signalement des médecins en cas de violences sexuelles sur mineurs ou le lancement d’une campagne nationale de prévention sur les réseaux sociaux. Face aux situations de prostitution, elle préconise également de développer des « séjours de rupture » permettant aux jeunes de s’éloigner temporairement des environnements à risque et de renforcer la formation des professionnels de l’hôtellerie.
Pour la députée MoDem et ancienne enfant placée Perrine Goulet, « il faut absolument qu’on arrive à sortir des rapports et qu’on mobilise l’État et les départements pour avancer sur ces sujets ». « Il faut pour chaque enfant arrivant à la protection de l’enfance un bilan de santé psychologique et mettre en place des thérapies et des soins immédiats », estime la présidente de la délégation aux droits des enfants de l’Assemblée nationale. « Il faut également un meilleur partage de l’information pour éviter de répéter des traumas : typiquement, un enfant qui a été violé sous la douche par un de ses parents, on prévient la famille d’accueil, on prévient le foyer pour que les éducateurs n’aillent pas intervenir sous la douche », ajoute-t-elle.
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Près de 397 000 jeunes font l’objet d’une mesure de protection dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance en France, selon les derniers chiffres officiels.