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Le procès de l'affaire d'espionnage du mari d'Anne Lauvergeon, Olivier Fric, se tient ce vendredi après-midi au tribunal correctionnel de Paris. Un enquêteur suisse, Mario Brero, est poursuivi pour "complicité de violation du secret professionnel" et "recel de violation du secret professionnel". Il est l'auteur d'un rapport intitulé "Pomerol 4" dans lequel sont épluchés les relevés téléphoniques et bancaires d'Olivier Fric. Il comparaît comme complice. Qui est le commanditaire ? Sébastien de Montessus, ancien directeur des activités minières d'Areva, qui n'a pas été renvoyé devant le tribunal et nie avoir ciblé Olivier Fric. Il comparaît aussi sur citation directe du couple.
Cette histoire aussi rocambolesque que déplaisante commence en 2011, lorsque Sébastien de Montessus s'interroge sur les conditions d'acquisition d'UraMin, une société d'exploration minière canadienne achetée par Areva pour la somme de 1,8 milliard d'euros qui devra être en grande partie provisionnée : UraMin a été surpayée. Et l'homme qui a mené les négociations de rachat, Daniel Wouters, avait été recruté par Areva sur les conseils d'Olivier Fric. Il semble que les deux hommes ne se connaissaient pas personnellement à l'époque, mais le décor est campé.
Les magistrats de la Cour des comptes, qui enquêtent sur la gestion d'Areva, ont alerté la justice sur d'éventuelles irrégularités dans le rachat d'UraMin en avril 2014. Avant la finalisation de leur rapport, une version préliminaire, qui ne tient pas compte des réponses d'Anne Lauvergeon, a été révélée mardi dernier par Les Échos. Elle est très sévère sur la gestion de cette femme à poigne. C'est un coup de canif dans son CV impressionnant : Normale Sup, corps des Mines, secrétaire générale adjointe de l'Élysée à 31 ans, banquière chez Lazard à 35, patronne de la Cogema, l'ancêtre d'Areva, à moins de 40 ans.
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Celle qui a bâti contre l'avis de nombreux acteurs un groupe nucléaire intégré paie aujourd'hui son indépendance d'esprit, son attitude parfois rude et son franc-parler presque viril. Au-delà du rachat contestable d'UraMin et des retards très coûteux sur l'EPR finlandais, "Atomic Anne" a construit un groupe qui compte au niveau mondial. Le rapport de la Cour des comptes concerne la période 2006-2011, alors que son bilan doit porter sur une période plus longue, pendant laquelle elle a restructuré une filière moribonde. Mais au prix de quelles batailles ! Elle a refusé, en 2003, d'intégrer Alstom en difficulté dans Areva, et s'est fait de Patrick Kron un ennemi irréductible. Elle a ensuite affronté Henri Proglio qui, à la tête d'EDF, voulait mettre la main sur ses trésors. Elle ne bénéficie pas non plus de l'affection, c'est le moins que l'on puisse dire, de son successeur Luc Oursel, qui a pourtant suivi la stratégie qu'elle avait dessinée. Elle a raconté dans son livre La Femme qui résiste (Plon) comment elle avait tenu tête à des réseaux de toute nature, qui incluaient des intermédiaires douteux.
Un pré-rapport de la Cour des comptes est par nature accusatoire, puisqu'il est rédigé avant la phase contradictoire. La Cour "déplore" d'ailleurs cette fuite, qui intervient juste au moment où il allait être question, devant un tribunal, d'Anne Lauvergeon non comme suspecte, mais comme victime. Il est permis d'y voir autre chose qu'une simple coïncidence.
Soeur Anne "brillantissime" n'a rien vu venir ! Tout pour traîner un lourd passif ! ERDF pourra toujours l'embaucher pou...r gérer ses achats !
A lire les commentaires, on a la réponse : -).
Au coeur du réacteur ?