La République bonne mère avec ses "ex"
Bureau, logement ou voiture... A l'instar de Bertrand Delanoë, certains anciens élus bénéficient d'avantages après la fin de leur fonction.

Bertrand Delanoë, maire honoraire de Paris, doit-il disposer d'un bureau à l'Hôtel de Ville au terme de ses deux mandats? "Cela ne serait pas scandaleux", commente le député socialiste René Dosière, qui ausculte depuis plus de vingt ans le train de vie de la République. "Mais je ne suis pas sûr qu'il soit vraiment nécessaire de créer de nouveaux statuts, comme celui d'ancien maire. Les Français ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme des privilèges", poursuit-il, gêné. À peine éventé, le projet d'Anne Hidalgo a soulevé un vent de polémique. L'opposition municipale a crié au scandale, les communistes se sont offusqués. "Il s'agit d'une délibération dont la lettre et l'esprit sont profondément républicain [...] pour que les anciens maires puissent traiter les demandes et les courriers qu'ils reçoivent, justifie la nouvelle maire de Paris (lire notre interview page I du cahier Paris). Il s'agit d'un bureau inoccupé [...] et de la mise à disposition d'un secrétariat à temps partiel. Cela n'entraîne aucune dépense supplémentaire", affirme-t-elle.
La proposition d'Anne Hidalgo s'inscrit dans une longue tradition. C'est Mitterrand qui, le premier, avait pensé aux conditions matérielles allouées à son prédécesseur. Dès son arrivée à l'Élysée en 1981, il avait demandé à Michel Charasse de s'occuper de trouver un logement à Valéry Giscard d'Estaing. Une situation inédite. Sous la Ve République, il était le premier "ex". C'est une lettre de Laurent Fabius , Premier ministre, qui fixe en 1984 très précisément les modalités de ce nouveau statut. Ces conditions seront les mêmes pour François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy . Inventaire : un appartement fourni avec meubles et personnel de maison (deux personnes sont affectées au service du logement de fonction), deux policiers, une voiture entretenue et deux chauffeurs et la "gratuité des transports [...] dans la meilleure classe". Tous les anciens présidents ont converti le logement en bureau, à l'exception de François Mitterrand qui est mort avenue Frédéric-Le-Play où il a vécu neuf mois après son départ de l'Élysée. Un staff de sept personnes prend par ailleurs en charge la vie publique du Président (secrétaire, chef de cabinet…). Cette lettre n'a jamais été rendue officiellement publique…
Quand des ex-ministres oublient de rendre véhicule et chauffeur
Les anciens Premiers ministres ont vu leur sort réglé par un décret signé Dominique Strauss-Kahn , ministre des Finances, lorsque Lionel Jospin était à Matignon en 1998. Ils sont dix, encore en vie, à disposer d'une voiture avec chauffeur et d'une assistante. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a mis à la disposition de François Fillon, pendant quelques mois, un bureau dans les locaux du ministère de la Santé, le temps que ce dernier retrouve un bureau "convenable" à l'Assemblée.
De leur côté, les anciens ministres de l'Intérieur ont "droit" à un officier de sécurité à une voiture équipée police (avec gyrophare) et à un chauffeur. Un usage. Car ces avantages ne s'appuient sur aucun texte… "Tout le monde comprend que, lorsque l'on a eu à gérer des dossiers de grande criminalité ou de terrorisme international, explique l'un d'eux, il est naturel d'être protégé." Certes, mais qui souhaite encore en découdre avec Daniel Vaillant , qui a quitté la Place Beauvau il y a douze ans ou François Baroin, ministre de l'Intérieur pendant 51 jours?
Les autres élus ou ministres n'ont en théorie droit à rien. Certains ministres de la Défense auraient oublié de rendre leur véhicule et… leur chauffeur. À l'instar de l'ex-ministre de la Justice, Rachida Dati , qui, en 2009, en quittant la Place Vendôme, avait gardé chauffeur et garde du corps que Brice Hortefeux , son meilleur ennemi à l'UMP, alors ministre de l'Intérieur, s'était fait un plaisir de lui retirer…
Source: JDD papier

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