
POLITIQUE - La succession de Dominique Baudis au poste de défenseur des droits s'avère décidément très compliquée. Après avoir envisagé la nomination de Bertrand Delanoë, puis de Christiane Taubira, François Hollande a finalement opté pour le chiraquien Jacques Toubon.
Le président de la République devait espérer que cette proposition d'ouverture ferait consensus. Plusieurs fois ministre, notamment à la justice, à la culture et à la francophonie, ce poche de Jacques Chirac s'est retiré de la vie politique depuis 2001 et a notamment présidé la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.
Problème: l'annonce de l'Elysée a été accueillie par une levée de boucliers de la part de certains élus de gauche et d'associatifs. A tel point que la validation de cette nomination par le Parlement pourrait s'avérer plus compliquée que prévu. Plusieurs personnalités reprochent en effet à l'ancien député ses prises positions (dont certaines remontent à trente ans) sur la peine de mort ou la dépénalisation de l'homosexualité.
Voici les dossiers qui lui sont reprochés.
- Son vote contre la dépénalisation de l'homosexualitéElu député en 1981, Jacques Toubon a voté, comme nombre de parlementaires RPR, contre la dépénalisation de l'homosexualité. Trente ans après, plusieurs élus et associatifs n'ont pas oublié cette prise de position. En 1995, Jacques Toubon s'était également opposé à l'ancêtre du PACS (le CUC pour contrait d'union civile), estimant qu'il n'était pas compatible avec "l'ordre public". "l n'est pas question de créer le contrat d'union civile, il est au contraire question de favoriser dans le pays les mariages et les naissances", déclare à l'époque le ministre de la Justice. Il proposera néanmoins une version minimaliste du PACS, le Pacte d'intérêt commun (Pic).
Elu député en 1981, Jacques Toubon a voté, comme nombre de parlementaires RPR, contre la dépénalisation de l'homosexualité. Trente ans après, plusieurs élus et associatifs n'ont pas oublié cette prise de position.
En 1995, Jacques Toubon s'était également opposé à l'ancêtre du PACS (le CUC pour contrait d'union civile), estimant qu'il n'était pas compatible avec "l'ordre public". "l n'est pas question de créer le contrat d'union civile, il est au contraire question de favoriser dans le pays les mariages et les naissances", déclare à l'époque le ministre de la Justice. Il proposera néanmoins une version minimaliste du PACS, le Pacte d'intérêt commun (Pic).
Dès son arrivée au pouvoir en 1981, la gauche vote l'abolition de la peine de mort, conformément à la promesse présidentielle de François Mitterrand. Une petite partie du groupe RPR décide de voter pour, dont Jacques Chirac, Philippe Séguin et le benjamin de l'Assemblée, un certain François Fillon. Mais Jacques Toubon vote contre, ce que certains à gauche n'ont toujours pas digéré. A sa décharge, Jacques Toubon a certes voté contre l'intégralité du texte présenté au Parlement mais il a voté pour l'article 1 qui prévoyait l"interdiction de la peine capitale.
A bientôt 73 ans, l'ancien ministre de Jacques Chirac serait-il trop âgé pour briguer le poste de défenseur des droits? C'est ce qu'affirme la sénatrice centriste Nathalie Goulet qui aurait préféré la nomination d'une figure politique de la nouvelle génération. , "C'est un retraité multicartes : député, ministre, fonctionnaire européen", regrette-t-elle dans un communiqué, critiquant au même titre le "recyclage" de l'ancien ministre socialiste Alain Vidalies au Bureau International du Travail.
Retiré de la vie politique, Jacques Toubon reste membre de l'UMP et pourrait y jouer un rôle non négligeable dans la résolution de la crise qui secoue le premier parti d'opposition. Depuis le début de l'année 2014, il est membre de la Haute autorité présidée par la juriste Anne Levade chargée d'organiser les primaires de l'UMP en 2016. Un poste hautement délicat, cette primaire étant contestée par les sarkozystes.
Jacques Toubon était d'ailleurs présent au siège de l'UMP juste avant que le bureau politique ne confie les rênes du parti au triumvirat Fillon-Juppé-Raffarin, assisté par Luc Chatel.
En 1996, alors ministre de la Justice, Jacques Toubon avait reconnu que le gouvernement avait dépêché dans le plus grand secret un hélicoptère dans l'Himalaya afin de retrouver le procureur de l'Essonne.
L'objectif inavoué de cette manoeuvre de pieds nickelés était de contester l'ouverture d'une information judiciaire contre Xavière Tibéri, épouse de Jean Tibéri, le successeur de Jacques Chirac à la mairie de Paris. La justice enquêtait à l'époque sur les 200.000 francs qu'avait touché Xavière Tibéri de la part du conseil général de l'Essonne pour des activités présumées fictives. La cour d'appel de Paris finira par annuler les poursuites contre l'épouse de Jean Tibéri.