JUSTICEAnticor dépose une plainte visant les dépenses de communication du gouvernement Fillon

Anticor dépose une plainte visant les dépenses de communication du gouvernement Fillon

JUSTICEEt vise notamment Rachida Dati et Jean-Louis Borloo...
François Fillon, le 2 juillet 2013 lors d'un meeting à Saint-Cloud.
François Fillon, le 2 juillet 2013 lors d'un meeting à Saint-Cloud. - WITT/SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Après les sondages de l’Elysée, l'association Anticor s’attaque aux dépenses de communication des ministres du gouvernement Fillon, soupçonnant des faits de favoritisme et de détournement de fonds publics. L’association a annoncé le dépôt mercredi d'une nouvelle plainte sur les dépenses de sondages et de communication du précédent gouvernement.

Alors que le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire fin 2012, suite à une première plainte d'Anticor, cette plainte avec constitution de partie civile déposée mercredi vise à obtenir la désignation de juges d'instruction. «C'est la seule solution pour obtenir des avancées dans l'enquête», a affirmé à l'AFP l'avocat de l'association de lutte contre la corruption, Me Jérôme Karsenti. Anticor appuie sa plainte sur un rapport de la Cour des Comptes d'octobre 2011 qui épinglait des dysfonctionnements dans les dépenses de communication des ministères.

L'association pointe des sondages, campagnes de communication, conseils stratégiques ou services de «media training» fournis à des ministères sans publicité ni mise en concurrence, d'où les soupçons de favoritisme. Dans plusieurs cas, la Cour jugeait ces contrats non conformes au code des marchés publics, en dépit des arguments invoqués par les ministères.

Plusieurs des contrats visés, dont l'un initié pour le compte du Premier ministre François Fillon, ont été passés avec la société Giacometti-Péron et ont donné lieu à des paiements de plusieurs centaines de milliers d'euros. La Cour soulevait aussi la question du «financement, sur deniers publics, de sondages relatifs à l'image personnelle des ministres ou à des sujets éloignés de l'action du gouvernement», ce qui peut constituer aux yeux d'Anticor des détournements de fonds publics.

La Cour visait notamment des sondages commandés pour plusieurs dizaines de milliers d'euros par les ministères de la Justice et de l'Ecologie sur la popularité de Rachida Dati et de Jean-Louis Borloo, ou des études d'opinion sur des prestations télévisées des ministres de la Défense, Hervé Morin puis Gérard Longuet.

Selon Me Karsenti, «il faut mener une enquête pour déterminer des responsabilités» avant une éventuelle saisine de la Cour de justice de la République (CJR) si des faits sont imputables à des ministres en fonction.